Cette prédication sur Ésaïe 44.1-5 a pour sujet la promesse de Dieu de la vie nouvelle par son Saint-Esprit, une promesse qui est faite à nous et à nos enfants dans son alliance afin que nous répondions à son appel.

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Dieu promet son Esprit à nos enfants

« Écoute maintenant, Jacob, mon serviteur! Israël, que j’ai choisi! Ainsi parle l’Éternel, qui t’a fait et qui t’a façonné dès ta naissance, celui qui est ton soutien : Sois sans crainte, mon serviteur Jacob, Yechouroun, que j’ai choisi. Car je répandrai des eaux sur le sol altéré et des ruisseaux sur la terre desséchée; je répandrai mon Esprit sur ta descendance et ma bénédiction sur ta progéniture. Ils germeront au beau milieu de l’herbe, comme les saules près des courants d’eau. Celui-ci dira : Je suis à l’Éternel; celui-là se réclamera du nom de Jacob; cet autre écrira sur sa main : à l’Éternel! Et se parera du nom d’Israël. »

Ésaïe 44.1-5

Peuple bien-aimé du Seigneur,

Sur quoi aujourd’hui portons-nous notre attention? Quel est notre point de mire? Puisque c’est le baptême de cet enfant ici présent, nous pourrions penser que c’est elle le point de mire. Nous portons notre attention sur elle tout naturellement. Et c’est un peu normal, puisque le baptême marque l’entrée officielle de cet enfant dans l’Église. Par le baptême, nous savons que Dieu lui-même s’intéresse de manière toute particulière à cet enfant. Pourtant, le point de mire est ailleurs. Notre attention devrait se focaliser, non pas sur l’enfant, mais sur Dieu et sur sa promesse. Après tout, c’est au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit qu’elle a été baptisée. C’est ce nom qui compte plus que tout. Le mot clé qui résume le sens du baptême est le mot « promesse », la promesse de Dieu pour le peuple du Seigneur, la promesse de Dieu pour les parents, la promesse de Dieu pour cet enfant et pour tous nos enfants.

Il est justement question de cette promesse dans notre texte d’aujourd’hui. Mais qui dit promesse dit d’abord problème. Cet enfant qui vient d’être baptisé a un problème, comme nous tous nous avons un problème. Un sérieux problème! D’où le besoin impératif de bien saisir la promesse. Et qui dit promesse dit aussi changement espéré. Nous espérons un grand changement dans la vie de cet enfant, tout comme nous espérons un grand changement dans nos vies et dans la vie de nos enfants, à cause de la promesse. Oui, Dieu promet d’animer les enfants de l’alliance d’une vie nouvelle par son Esprit. Nous verrons donc à partir de notre texte :

1. Le problème🔗

Quel est le problème? Au verset 3, Dieu dit par la bouche de son prophète : « Je répandrai des eaux sur le sol altéré et des ruisseaux sur la terre desséchée. » Dans quel état se trouve la terre? La terre a soif, le terrain est sec. Ésaïe utilise cette image pour décrire l’état moral et spirituel du peuple d’Israël. À l’époque d’Ésaïe, le peuple de Dieu était spirituellement desséché. Ils n’avaient pas d’amour pour Dieu, ils ne voulaient pas écouter sa Parole, ils n’étaient pas portés à l’adorer de tout cœur ni à le servir par leur vie et leurs talents. Ils s’étaient détournés du vrai Dieu qui avait pourtant été bon et bienveillant à leur égard. De nombreux chapitres du livre d’Ésaïe nous décrivent en détail l’état spirituel lamentable du peuple d’Israël quelque 750 ans avant la venue de Jésus-Christ. En eux-mêmes, ils étaient secs, sans vie, eux et leurs enfants.

On peut dire la même chose de notre société actuelle, qui est devenue spirituellement désertique, sans amour pour Dieu et pour sa Parole. Qu’arrivera-t-il à nos enfants et à nos petits-enfants qui grandiront dans ce désert spirituel? C’est très inquiétant. Mais le pire, c’est que, par nous-mêmes, nous sommes incapables de changer la situation. Nous aussi, par nature, nous sommes spirituellement desséchés, et nos enfants également.

Cet enfant que je viens de baptiser a un problème, un sérieux problème. Elle est comme une terre sans eau, un sol desséché spirituellement. Elle n’est pas venue au monde avec une disposition naturelle à aimer Dieu et à aimer son prochain. Elle est venue au monde avec une disposition naturelle à détester Dieu et à détester son prochain. Cette même triste réalité est vraie pour nous tous. C’est difficile à admettre, c’est dur à encaisser, la constatation de cette triste réalité donne un dur coup à notre orgueil. Nous regardons ce bébé avec admiration. Nous voyons en elle une belle vie qui commence, une fraîcheur qui nous réjouit. L’autre jour, à l’épicerie, je promenais ma petite-fille dans mon panier. N’est-ce pas la meilleure façon d’attirer l’attention des autres? Tout le monde admirait le beau bébé. Quelqu’un a dit : « Tout est pur dans cet enfant. » Tout est pur? Non, pas vraiment. Pas du tout, en fait! Bien sûr, la vie que Dieu a créée est merveilleuse et admirable. Et pourtant, cette vie est entachée, tordue, corrompue même, dès le début. Le roi David, après avoir commis ses crimes (adultère, meurtre, mensonge, endurcissement) et après avoir reçu la visite providentielle du prophète Nathan, a confessé humblement ses péchés, les péchés qu’il avait commis en tant qu’adulte, et il a ajouté ceci : « Voici : Je suis né dans la faute, et ma mère m’a conçu dans le péché » (Ps 51.7). Nous aussi, dès notre naissance, dès notre conception, nous sommes déjà marqués par le péché, par une condition morale et spirituelle desséchée. C’est un problème congénital universel très sérieux.

Récemment, j’ai fait un voyage au Cameroun. Le vol en avion de Paris à Yaoundé m’a permis de survoler l’Algérie, le Niger et le Nigeria jusqu’au Cameroun. Que voyait-on au sol, tout en bas? Du sable jaune, sec, le désert à perte de vue, 2200 km de désert, du nord au sud. La traversée du désert d’est en ouest fait plus de 5000 km de longueur. La superficie du désert du Sahara est presque aussi grande que le Canada tout entier. Dieu n’a pas créé le monde dans cet état. Au commencement, la terre présentait un environnement magnifique, propice à la vie, où il faisait bon vivre. Malheureusement, les choses ont changé. Pourquoi? Parce que nous avons changé. Au commencement, Dieu avait créé l’homme et la femme très bons, moralement purs et saints, spirituellement vivants, avec l’amour de Dieu et de leur prochain dans leur cœur. Toutefois, la Bible nous rapporte la triste histoire de nos premiers parents qui se sont détournés de Dieu, de sorte que leur cœur est devenu mauvais, un désert spirituel. D’où le besoin impérieux d’une promesse qui vient d’en haut.

2. La promesse🔗

Quelle est donc cette promesse? Elle se trouve au verset 3 : « Je répandrai des eaux sur le sol altéré et des ruisseaux sur la terre desséchée; je répandrai mon Esprit sur ta descendance et ma bénédiction sur ta progéniture. » Il y a très longtemps, par l’intermédiaire de son prophète Ésaïe, Dieu a promis à son peuple qu’il déverserait son Esprit Saint sur eux et sur leur descendance après eux. Autrefois, Dieu avait fait alliance avec eux, avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu est fidèle, de génération en génération. Sa fidélité s’étend d’âge en âge! Il connaissait le problème fondamental de leurs cœurs. Il connaissait leur sécheresse spirituelle. Pourtant, il ne les a pas abandonnés. Il leur a promis une eau pure et vivifiante, son Esprit Saint régénérateur, puissant pour donner la vie nouvelle par l’action de sa Parole. Cette promesse de grâce était pour eux et pour leurs enfants. Elle est encore d’autant plus vraie aujourd’hui, pour nous et pour nos enfants, sous la nouvelle alliance qui est encore plus riche.

Quand Dieu envoie la pluie sur une terre desséchée, que se passe-t-il? Le sol reprend vie. Le gazon jaune verdit, les plantes se mettent à produire du feuillage, puis des fleurs et des fruits en abondance. Le désert devient un jardin. Dans la nature, l’eau est puissante pour produire l’effet voulu par Dieu.

Quand Dieu déverse son Esprit sur quelqu’un, adulte ou enfant, qui est mort spirituellement, que se passe-t-il? C’est la naissance d’une vie nouvelle, le miracle d’une nouvelle naissance produite par le Saint-Esprit, une vie nouvelle en communion avec Dieu. Voilà ce que Dieu promet dans son alliance! N’est-ce pas merveilleux? Il promet de laver nos enfants de leurs péchés par le sang du Seigneur Jésus, et il promet de déverser son Esprit sur nos enfants, sa bénédiction sur nos descendants, pour qu’ils reçoivent miraculeusement la vie nouvelle. N’est-ce pas une très belle promesse?

Le baptême ne produit pas automatiquement ce miracle. Le baptême symbolise et atteste la promesse. Le baptême est là pour nous dire : Dieu est fidèle! C’est comme le jonc porté par les gens mariés. Le jonc lui-même n’est pas l’amour des deux époux, mais le jonc représente et atteste leur engagement mutuel. De même, le baptême représente et atteste l’engagement de Dieu envers nous et nos enfants. C’est le signe de la fidélité de Dieu! Oui! Dieu est fidèle!

Ainsi, Dieu demeure libre et souverain. Nous ne pouvons pas manipuler Dieu, nous ne pouvons pas lui tordre le bras pour qu’il déverse son Esprit. Nous pouvons cependant compter sur sa promesse. Pourquoi à certains moments de l’histoire y a-t-il des fruits abondants, des conversions nombreuses, des vies transformées? Et pourquoi à d’autres moments les fruits sont-ils plus rares? Dieu, dans sa liberté souveraine et selon sa sagesse infinie, répand son Esprit sur qui il veut, quand il veut. Le vent souffle où il veut. Il en est de même de l’Esprit, a dit Jésus (Jn 3.8). En même temps, nous avons sa précieuse promesse. Le Dieu souverain s’est librement engagé envers nous et nos enfants, de sorte que nous pouvons fermement compter sur sa promesse. Le baptême de cet enfant aujourd’hui symbolise et atteste la promesse de Dieu envers elle, pour elle personnellement. Dieu répand son Esprit Saint sur qui il veut. Mais il promet tout spécialement de déverser son Esprit sur nos enfants et sur nos petits-enfants.

En parlant du Messie à venir, le même prophète Ésaïe a également fait la grande annonce de la promesse divine suivante : « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui » (És 11.2). Cette promesse a été accomplie quand Jésus-Christ est venu et qu’il a reçu l’Esprit en plénitude afin d’accomplir parfaitement notre salut. L’Esprit de l’Éternel a été donné à Jésus pour qu’à son tour il déverse son Esprit sur son Église, tel que promis. Le jour de la Pentecôte, il a répandu son Esprit Saint en abondance sur son Église. Cette promesse, nous dit le prophète Joël, cité par Pierre le jour de la Pentecôte, est pour tous nos fils et pour toutes nos filles (Jl 3.1; Ac 2.17). Le Seigneur Jésus continue de jour en jour à déverser son Esprit un peu partout sur la terre pour que nous croyions en lui et que nous croyions qu’il est mort et ressuscité pour nous réconcilier avec Dieu.

Que faire avec une promesse? La recevoir avec foi, la prendre au sérieux, l’estimer précieuse! Cela veut-il dire que nous attendons passivement qu’elle se réalise, sans faire nous-mêmes d’efforts? Pas du tout! Au contraire! Pour accomplir sa promesse, Dieu se sert de moyens humains, faibles et petits, à travers lesquels il veut se glorifier. Il se sert des parents qui ont le rôle d’éduquer leurs enfants dans la Parole de Dieu, qui ont le rôle de les guider sur le chemin de la vie éternelle par leur exemple de vie et par leurs prières. Dieu se sert de son Église qui enseigne la Parole de Dieu et qui entoure et soutient les parents par l’encouragement et les prières des uns et des autres.

Puisque nous avons la promesse de Dieu, soyons actifs, faisons tous nos efforts, prêchons l’Évangile, enseignons sans relâche la Bible à nos enfants, montrons-leur le chemin de la vie éternelle qui se trouve uniquement en Jésus-Christ. Dans tout cela, gardons notre attention au bon endroit. Notre point de mire, c’est la promesse de Dieu. « Car je répandrai des eaux sur le sol altéré des ruisseaux sur la terre desséchée; je répandrai mon Esprit sur ta descendance et ma bénédiction sur ta progéniture. » Comptons sur cette promesse. Elle est précieuse. Dieu a promis de donner une vie nouvelle à nos enfants, lui seul peut le faire par son Esprit Saint!

3. Le résultat espéré🔗

Quel résultat pouvons-nous espérer? Les versets 4 et 5 nous l’annoncent :

« Ils germeront au beau milieu de l’herbe, comme les saules près des courants d’eau. Celui-ci dira : Je suis à l’Éternel; celui-là se réclamera du nom de Jacob; cet autre écrira sur sa main : à l’Éternel! Et se parera du nom d’Israël » (És 44.4-5).

Que se passe-t-il quand l’Esprit de Dieu est déversé sur une personne? Cette personne prend conscience de son péché et l’avoue humblement. Elle reconnaît qu’elle ne possède aucune justice en elle-même. Elle reçoit le pardon et la vie nouvelle de Jésus-Christ seul, son unique Sauveur. Elle reçoit ce cadeau gratuitement par la foi dans son cœur. Elle confesse alors Jésus-Christ de sa bouche. Elle déclare devant tous et avec joie : « J’appartiens à l’Éternel. J’appartiens à Jésus-Christ, corps et âme, dans la vie comme dans la mort. Je fais partie de son Église. » Porter fièrement le nom d’Israël (comme il est dit au verset 5), cela veut dire aujourd’hui s’identifier à l’Église de Jésus-Christ, s’engager à servir dans la communion des croyants. C’est la réponse de la foi, une réponse remplie de reconnaissance.

N’est-ce pas ce que nous voulons pour nos enfants? Oui, Dieu a promis de déverser son Esprit sur eux. Nous avons donc une excellente raison d’espérer qu’un jour ils diront : « Je confesse mon péché, je l’avoue, je demande pardon à Dieu, je crois dans son pardon en Jésus, je lui appartiens, je veux le servir, je veux consacrer ma vie à son service par la force de son Esprit. J’ai la joie de faire partie de son Église et je veux le servir avec enthousiasme dans cette Église. » N’est-ce pas ce que nous voulons entendre de la bouche de nos enfants et de nos petits-enfants? Et de la bouche de beaucoup d’autres autour de nous et partout ailleurs dans le monde, des gens en aussi grand nombre que le Seigneur appellera?

La terre restera-t-elle toujours un désert spirituel? Non! Ce n’est pas vrai! L’Esprit de Dieu n’est pas tombé en panne. L’Esprit de Dieu fait son œuvre, ici, maintenant, en nous, autour de nous et chez beaucoup d’autres gens de diverses langues et cultures, un peu partout dans le monde. Même si nous ne le voyons pas toujours clairement, croyons dans sa promesse. D’autres adultes encore et d’autres enfants de l’alliance encore diront avec joie : « J’appartiens à l’Éternel. J’appartiens à Jésus-Christ. Je fais partie de son Église. »

Au 4siècle, Monique, la mère d’Augustin, a prié et prié et prié très longtemps pour la conversion de son fils qui vivait loin de Dieu. Un jour, Dieu a déversé son Esprit sur son fils. Résultat : Augustin a reconnu son péché et s’est repenti. Il a répondu à l’appel de Dieu. Il a confessé devant tous : « Oui, j’appartiens à l’Éternel. » Il a consacré sa vie à servir Jésus-Christ, par reconnaissance pour sa délivrance.

Si vos enfants aujourd’hui marchent avec Dieu, vous n’avez aucune raison d’en tirer orgueil. C’est l’œuvre du Dieu souverain. Toute la gloire lui appartient. Merci notre Dieu pour ces vies nouvelles que tu donnes! Si vos enfants ne marchent pas avec Dieu, comptez encore sur lui et implorez son secours afin qu’il déverse sur eux son Esprit Saint, selon sa promesse. Priez encore et encore pour que l’Esprit les amène à répondre avec foi et dans la repentance.

Et vous deux, chers parents, chérissez précieusement la promesse de Dieu pour votre enfant. Son baptême aujourd’hui est le signe et l’attestation de cette promesse. Fondez tous vos efforts parentaux sur cette promesse. Que cette promesse soit votre point de mire, le centre de votre attention. Comptez sur l’amour de Dieu le Père, sur la grâce de son Fils Jésus-Christ et sur la puissance de son Esprit.

Que Dieu déverse son Esprit Saint en abondance sur nous-mêmes, sur nos enfants, sur nos petits-enfants et sur beaucoup de gens autour de nous et au loin sur toute la terre. Que nous puissions vivre dans la joie de cette vie nouvelle, la joie d’appartenir à Jésus-Christ, dans la vie comme dans la mort, et de vivre à son service, par la puissance de son Esprit. Amen.