Cet article a pour sujet le Psaume 23.5 et la table dressée pour David en face de ses adversaires, qui ne représente pas le pâturage d'été des brebis, rattaché à l'image du Berger, mais le banquet offert en l'honneur du croyant reçu en grâce par son hôte divin.

2 pages. Traduit par Paulin Bédard

Psaume 23 - Le Dieu hospitalier

« Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires;
tu oins d’huile ma tête, et ma coupe déborde. »

Psaume 23.5

Le Psaume 23 est très apprécié et très connu. Nous pensons peut-être en connaître la signification. Une personne peut toutefois nous présenter un éclairage nouveau qui nous propose une perspective inédite.

En 1970, Phillip Keller a publié son livre Un berger médite le Psaum23. Cet ouvrage a connu un grand succès : mon exemplaire, paru en 1996, s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. Je suis sûr que d’autres ont été réimprimés depuis. Sa popularité tient au fait qu’il prétend offrir un nouvel éclairage sur le Psaume 23, fondé sur l’expérience de l’auteur en tant que berger.

Le verset 5 du Psaume 23 dit que Dieu dresse une table pour David en présence de ses ennemis. Phillip Keller affirme que l’image du berger et de ses brebis se poursuit tout au long du psaume jusqu’à la fin. Il affirme que la « table » du verset 5 fait référence aux hautes terres, aux plateaux. Cette « table » représente le pâturage d’été des brebis.

Le problème, c’est que le mot hébreu pour « table » ne désigne jamais une zone dans les hautes terres où les moutons peuvent paître. En fait, le mot fait littéralement référence à une peau d’animal que l’on étendait sur le sol pour s’asseoir et manger. Plus tard, il a pris le sens d’un meuble bas, généralement en bois, sur lequel on posait sa nourriture. Parfois, une table est simplement une table.

Le Psaume 23 s’appréhende mieux en deux parties. Chaque partie utilise une image particulière pour décrire la relation entre Dieu et le croyant. Dans la première partie, Dieu est le berger et le croyant est la brebis. Dans la seconde partie, Dieu est l’hôte d’un banquet et le croyant est l’invité. C’est le sujet du verset 5. Examinons-le de plus près.

Dans le monde antique, lors d’un festin ou d’un banquet, des procédures spéciales étaient prévues pour l’invité d’honneur. L’une d’entre elles se déroulait avec de l’huile. L’huile d’olive était enrichie de parfums. Ensuite, cette huile d’olive parfumée était versée sur la tête de l’invité d’honneur avant son entrée dans la salle de banquet. Selon David, c’est ainsi que Dieu l’a traité.

En entrant dans la salle de banquet, il voit une table préparée pour un festin raffiné. La table a été dressée et préparée avec soin. Les mets qui y sont disposés ne composent pas les restes de la veille, mais les meilleurs plats dont dispose l’hôte. De plus, on voit une abondance de nourriture et de boissons. La coupe destinée à l’invité est remplie à ras bord. L’hôte n’a pas lésiné sur les moyens pour offrir une hospitalité somptueuse à son invité.

De plus, cela se déroule en présence des ennemis de David. Ils regardent David prendre place à la table de Dieu et savourer la nourriture et les boissons. Cela indique deux choses. Premièrement, cela symbolise la justification. La justification signifie que Dieu montre que David est celui qui est dans son droit, tandis que ses ennemis se trouvent dans l’erreur. Deuxièmement, cela signifie la paix. Si nous étions enrôlés dans l’armée et que nous nous trouvions sur le terrain dans des conditions de combat, on nous donnerait un paquet de rations de combat pour notre subsistance. Ce n’est généralement rien de spécial, mais c’est nutritif. Et normalement, nous le mangerions rapidement pour retourner au combat. En présence d’ennemis, on ne s’attable pas pour profiter d’un banquet gastronomique. C’est bien pourtant ce qui se passe dans le Psaume 23. Malgré la présence de ses ennemis, David peut profiter paisiblement de ce festin, sans précipitation, sans souci, dans la joie.

Ce qu’on doit retenir ici, c’est l’immense différence entre l’hôte de ce banquet et l’invité. L’hôte est le Créateur tout-puissant du ciel et de la terre, majestueux dans sa gloire, exalté dans sa splendeur. L’invité n’est qu’une simple créature, insignifiante à l’échelle cosmique. Par rapport à l’immensité de l’univers, l’invité n’est qu’un grain de poussière. Mais plus encore. L’hôte est également le Dieu infiniment saint. Son caractère est irréprochable et sa justice inégalée. Son caractère même définit ce qui est bon. L’invité est un être humain pécheur. Rebelle et traître, il ne mérite aucune place à la table somptueuse de ce Dieu saint. Pourtant, Dieu la lui accorde. C’est cela que nous appelons la grâce. La grâce, c’est recevoir le contraire de ce que l’on mérite. Un rebelle mérite d’être puni. Si nous nous rebellons contre la majesté infinie de Dieu, nous méritons une punition infinie. Nous méritons d’être jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Mais, chose étonnante, Dieu nous donne le contraire de ce que nous méritons. Il nous invite à sa table. Par sa grâce manifestée en Christ, il enlève notre déshonneur et, à la place, il nous honore. Il nous oint d’une huile parfumée et nous offre la nourriture et la boisson les plus exquises de l’Évangile. Il nous justifie devant nos ennemis et nous permet de manger et de boire dans la paix et la joie. C’est une image magnifique de qui est notre Dieu, de sa bonté et de sa grâce envers les pécheurs indignes.

Cher lecteur, Dieu a préparé une table pour vous en présence de vos ennemis. Par sa grâce, il vous a oint et vous a appelé son invité d’honneur. Par son Fils, il promet de vous nourrir et de réjouir votre cœur. Votre coupe déborde véritablement de la grâce de l’Évangile. Le bon Berger est aussi le bon Hôte et vous êtes béni de festoyer avec lui.