Cet article sur Apocalypse 3.20 a pour sujet la signification de l'appel du Christ à lui ouvrir la porte, souvent incorrectement utilisé dans l'évangélisation, mais qui s'adresse plutôt aux Église tièdes appelées à la repentance.

3 pages. Traduit par Paulin Bédard

Apocalypse 3 - Jésus frappe à la porte

« Voici : je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. »

Apocalypse 3.20

On trouve un dicton qui dit : « Un texte sans contexte sert de prétexte ». La manière dont les chrétiens utilisent souvent ce verset constitue un exemple classique. On cite souvent ce passage dans le cadre de l’évangélisation. Un chrétien s’adresse à un non-croyant et lui dit : « Jésus frappe à la porte de votre cœur. Voulez-vous bien le laisser entrer? Invitez Jésus dans votre cœur. » Cette façon de parler provient supposément d’Apocalypse 3.20.

Sauf que ce n’est pas le cas. Apocalypse 3.20 ne dit rien au sujet de la porte de votre cœur. C’est quelque chose que les gens ont imaginé voir dans ce passage. Mais plus important encore, le contexte nous montre que Jésus ne s’adressait pas aux non-croyants dans le monde. Il s’adressait à l’Église de Laodicée. Il écrivait à des chrétiens professants. Si nous regardons le verset 19, Jésus-Christ s’adressait à ses bien-aimés. Ce passage s’avère non pertinent pour l’évangélisation. Il s’applique à l’Église.

L’Église d’origine à laquelle il s’adressait se trouvait à Laodicée, une ville située dans l’actuelle Turquie. Laodicée était notamment connue pour la mauvaise qualité de son eau. Une rivière coulait à proximité, mais elle était devenue boueuse. La ville s’approvisionnait en eau potable à partir de sources chaudes situées à environ 8 km. Un aqueduc acheminait l’eau et, lorsqu’elle arrivait dans la ville, elle avait tiédi. Ce n’était pas l’eau la plus rafraîchissante à boire.

Dans cette lettre à l’Église de Laodicée, Jésus compare l’Église à cette eau. Elle n’est ni chaude ni froide. Elle est simplement tiède. Elle se montrait indifférente et complaisante. Ces chrétiens n’avaient aucune passion ni aucun enthousiasme pour le Christ et pour l’Évangile. C’était comme si un coma spirituel les avait envahis. Ils étaient toujours chrétiens, mais ils s’accrochaient à peine.

C’est ce qui a donné lieu aux paroles du verset 20. Jésus a dit qu’il se tenait à la porte de l’Église et qu’il frappait. Non seulement il frappait, mais il demandait aussi qu’on lui ouvre la porte. Remarquez la mention de sa voix : « Si quelqu’un entend ma voix… » Lorsque nous entendons que le Christ demande qu’on le laisse entrer, nous ne devons pas imaginer qu’il supplie qu’on le laisse entrer. C’est parfois l’image véhiculée lorsque les chrétiens l’utilisent à des fins d’évangélisation. Jésus supplie alors désespérément qu’on lui ouvre la porte. C’est presque une image du Christ comme une sorte de mendiant. Ce n’est toutefois pas ce qui se passe ici. Il appelle pour que la porte de son Église lui soit ouverte. Notre Seigneur Jésus a le droit d’ordonner que la porte de son Église lui soit ouverte.

Cela nous amène à nous demander en quoi consiste sa demande exactement. Que signifie « ouvrir la porte »? Là encore, comme toujours, le contexte s’avère crucial. Nous avons déjà souligné la triste condition spirituelle de l’Église de Laodicée. Remarquez bien ce que Christ leur commande de faire au verset 19 : « Aie donc du zèle et repens-toi. » Le verset 20 développe cette idée. Lorsque le Christ demande que la porte de l’Église lui soit ouverte, il leur demande de se repentir de leur tiédeur. L’accent est mis ici sur leur responsabilité humaine, en tant que chrétiens, de suivre l’exemple des chrétiens : se détourner du péché et se tourner vers Dieu.

Celui qui se tient dehors, qui frappe et qui appelle, est celui qui les aime. S’il les aime, s’il a prouvé son amour pour eux, ne devraient-ils pas aussi l’aimer et répondre à son appel en se repentant? Il a prouvé son amour pour eux sur la croix, en souffrant et en mourant pour eux. Il prouve également son amour en les réprimandant et en les disciplinant. Un tel amour appelle une réponse d’amour, une réponse qui se manifeste concrètement par la repentance.

Votre Église a-t-elle besoin d’ouvrir la porte au Christ comme l’ont fait les Laodicéens? Votre Église souffre-t-elle de tiédeur? Toutes les Églises sont confrontées à des degrés divers à la tiédeur, mais les Laodicéens la vivaient dans une mesure plus importante. Mais, au fond, que penser de nous? Quelle évaluation faites-vous de vous-même, personnellement? Examinons cela du point de vue de ce à quoi ressemblerait une Église qui ne serait pas tiède.

Le verset 15 traite des œuvres accomplies par une telle Église. Une Église qui n’est pas tiède, une Église fervente si vous voulez, constitue le théâtre de nombreuses activités positives et saines. Il y règne l’amour et l’unité, un fort sentiment de communion, d’appartenance à une famille ecclésiale. Les gens veillent les uns sur les autres. Personne ne reste seul ou oublié. Personne n’est victime d’intimidation ou d’abus. Dans une Église qui n’est pas tiède, dans une Église zélée, toute l’Église aime étudier la Bible. Tout le monde la lit régulièrement pour soi-même, mais on aime aussi l’étudier avec les autres. Dans une Église qui n’est pas tiède, plusieurs membres se portent toujours volontaires quand un service est requis. Dans une Église saine, les gens aiment l’Évangile et le font connaître chaque fois qu’ils le peuvent avec qui ils peuvent. Je pourrais continuer, mais je pense que vous comprenez l’idée. Votre Église est-elle tiède? Peut-être plus que vous ne voulez l’admettre. Quel message le Christ véhicule-t-il en frappant à la porte? Que nous dit sa voix? Repentez-vous. Changez vos habitudes.

Cette repentance ne commence pas avec les autres membres de l’Église, mais avec vous, personnellement et individuellement. L’Église est un corps, mais elle est composée de membres individuels. Si nous voulons voir l’Église moins tiède, plus zélée, la responsabilité nous incombe en tant qu’individus. Si vous voulez voir l’Église devenir plus fervente, plus forte, alors commencez humblement par vous-même et non par les autres. De quoi devez-vous vous repentir, comment devez-vous changer de direction, dans votre façon de vivre en tant que membre de l’Église?

Si nous écoutons la voix du Christ et lui ouvrons la porte, il nous promet alors quelque chose de merveilleux. Il dit : « J’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » Quand Jésus dit qu’il « entrera chez lui », il ne veut pas dire qu’il va s’installer dans le cœur de quelqu’un. C’est simplement une image du Christ qui franchit la porte, qui entre.

Quand survient la repentance, le Christ promet une communion avec lui. C’est le message que le souper véhicule dans ce verset. Dans l’Antiquité, partager un repas était une façon de montrer que l’on acceptait et honorait quelqu’un. Une bonne relation existait entre toutes les personnes autour de la table. Tout se déroulait dans l’harmonie.

Cette communion harmonieuse est représentée dans la Cène. Chaque fois que nous venons à ce sacrement avec un cœur repentant, le Christ promet sa présence avec nous. Nous jouissons de la communion avec lui lorsque nous participons à la Cène. Nous sommes alors encouragés dans notre foi et fortifiés pour continuer à mener une vie de repentance, y compris en tant que membres de l’Église du Christ.

Ce passage annonce ensuite un repas encore plus grand, le festin des noces de l’Agneau. Une place est réservée à ce festin pour chaque pécheur repentant. Jésus-Christ garde une place en réserve pour tous ceux qui entendent sa voix et ouvrent la porte par la repentance. Si quelqu’un refuse son appel, il n’aura pas de place pour lui à ce festin. Il vaut mieux entendre frapper à la porte, entendre l’ordre d’ouvrir, puis le faire. Repentez-vous et vous ne ferez pas que célébrer la fête avec Jésus, comme le dit le verset 21, vous vous assiérez aussi avec lui sur son trône. Vous serez exalté avec lui. Cependant, tout commence par votre humiliation maintenant.

Le Christ frappe effectivement à la porte. Lui ouvrirez-vous? « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »