Cette méditation sur Jacques 1.2 a pour sujet la reconnaissance que nous pouvons exprimer au Seigneur au milieu des épreuves et des souffrances de la vie, car le Seigneur Jésus est mon partage.

3 pages. Traduit par Paulin Bédard

Jacques 1 - Peut-on vraiment considérer cela comme un sujet de joie?

Nous savons comment Jacques nous exhorte : « Considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer » (Jc 1.2). On doit considérer cela comme un sujet de joie, voir la souffrance comme un don. Mais comment? Peut-on toujours exprimer de la reconnaissance?

Je me rends compte que, jusqu’à présent dans ma vie, je n’ai pas beaucoup souffert. C’est pourquoi, lorsque j’écrivais mon livre sur la gratitude, j’ai posé cette question à des frères et sœurs chrétiens qui ont traversé de nombreuses épreuves. Certaines de ces épreuves présentaient (ou présentent encore) une difficulté inimaginable. Ils pouvaient se battre contre un cancer de stade 4, faire face aux séquelles d’un accident de voiture traumatisant, vivre avec le fardeau d’une douleur chronique ou subir une amère déception au sein de leur famille. Pouvaient-ils encore se montrer reconnaissants envers Dieu? De quoi étaient-ils reconnaissants?

Par sa grâce, ces personnes éprouvées, sanctifiées par la souffrance, ressentaient de la reconnaissance pour bien des choses.

Plusieurs ont remercié Dieu pour le soutien de leur famille et la communion des saints. Ils se sont souvenus avec gratitude des chambres d’hôpital bondées de personnes venues leur témoigner leur soutien et des réfrigérateurs débordant de plats faits maison.

Un frère a exprimé sa gratitude pour la grâce qui lui permettait d’accepter patiemment la volonté de Dieu, même si Dieu a voulu qu’il passe la majeure partie de sa vie adulte en fauteuil roulant.

Un autre a témoigné avec reconnaissance de la façon dont sa souffrance liée à la dépression l’avait rendu plus compréhensif envers ceux qui vivent des épreuves similaires. Il a expliqué comment cela l’avait préparé à leur apporter le réconfort de Dieu.

Une sœur a remercié le Seigneur pour le don d’une bonne nuit de sommeil, même lorsque le stress et l’anxiété remplissaient ses journées.

Une autre s’est réjouie de voir son amour pour Dieu s’être approfondi au cours de ces nombreux mois d’incertitude, et de constater à quel point sa connaissance des attributs divins s’était merveilleusement élargie.

Une autre encore a trouvé un soutien dans sa fragilité en méditant sur la réalité des anges protecteurs de Dieu.

Beaucoup ont remercié Dieu pour la bénédiction de recevoir des soins médicaux compétents et efficaces.

Un frère a exprimé sa gratitude de pouvoir encore se rendre à l’église chaque dimanche et d’écouter la prédication de l’Évangile.

Une sœur, atteinte d’un cancer en phase terminale, a remercié Dieu de lui avoir donné l’occasion d’inculquer à ses enfants qu’une seule chose compte vraiment dans la vie : connaître et aimer Dieu.

Ces personnes souffrantes ont remercié Dieu pour les petits gestes quotidiens, bien ordinaires, mais si précieux. Ces gestes incluent prendre l’air chaque matin, lire la Bible au moment des repas et accueillir les enfants à leur retour de l’école.

Même les larmes aux yeux, mes frères et sœurs ont rendu grâce pour la façon dont leurs souffrances avaient inspiré une véritable espérance dans le royaume à venir du Christ.

C’est là le genre de reconnaissance dont C. S. Lewis a parlé un jour :

« Nous ne pourrons pas adorer Dieu dans les moments les plus élevés si nous n’avons pas pris l’habitude de le faire dans les moments les plus bas. »

En effet, même au plus bas, ces saints ont résolument rendu grâce à Dieu. C’est une gratitude que nous ferions tous bien d’imiter. Nous ne choisirions pas la souffrance, mais c’est souvent à travers elle que nous faisons plus pleinement l’expérience de la grâce du Seigneur.

Un enfant de Dieu qui souffre peut apprendre à reconnaître la raison la plus profonde de la gratitude. Nous pouvons ressentir le chagrin et la douleur. Malgré cela, nous prenons conscience que nous pouvons nous montrer reconnaissants pour le plus grand des dons : Dieu lui-même, Dieu en tant que notre Père fidèle en Jésus-Christ, par la présence constante du Saint-Esprit.

Selon les mots du puritain Jeremiah Burroughs :

« Auparavant, l’âme recherchait ceci et cela, mais maintenant, elle dit : Je vois que je n’ai pas besoin de richesse, mais je dois faire la paix avec Dieu; je n’ai pas besoin de mener une vie de plaisirs dans ce monde, mais je dois obtenir le pardon de mes péchés; je n’ai pas besoin d’obtenir des honneurs et des promotions, mais Dieu doit être ma part, et je dois posséder ma part en Jésus-Christ, et mon âme doit être sauvée au jour de Jésus-Christ. »

Lorsque Dieu est notre part, beaucoup de choses qui ne sont pas vraiment indispensables dans notre vie peuvent commencer à passer au second plan. En Christ, nous possédons l’essentiel.

C’est ainsi que le peuple de Dieu a toujours pu demeurer inébranlable dans la louange. Comme Habacuc qui a décidé de faire confiance à Dieu, quoi qu’il arrive au pays, au peuple et au temple. Même lorsque les Babyloniens ont envahi le pays, qu’ils ont ravagé tous les champs et que les troupeaux ont disparu, Habacuc a rendu grâce au Seigneur :

« Car le figuier ne fleurira pas,
Point de vendange dans les vignes;
La production de l’olivier sera décevante,
Les champs ne donneront pas de nourriture,
Le petit bétail disparaîtra de l’enclos,
Point de gros bétail dans les étables.
Mais moi j’exulterai en l’Éternel,
Je veux trouver l’allégresse
dans le Dieu de mon salut » (Ha 3.17-18).

Dieu nous enseigne à nous réjouir en lui, le Seigneur souverain, celui qui agit toujours avec justice, celui qui ne se trompe jamais.

Même si la maladie se propage et que la souffrance persiste, même si nous n’avons plus d’argent et que l’être cher repose dans la tombe, nous pouvons toujours exprimer de la reconnaissance. Même alors, « j’exulterai en l’Éternel, je veux trouver l’allégresse dans le Dieu de mon salut ».

Nous nous réjouissons, car nous croyons que ce Dieu est avec nous, et qu’il demeure toujours auprès de nous. Nous lui rendons grâce, car nous croyons qu’il est notre Dieu en Christ, et qu’en lui nous vivrons éternellement, bien après que toutes nos souffrances auront cessé.