Cet article a pour sujet la conception et la naissance des enfants. C'est le moyen par lequel le péché se propage (Lévitique 12), mais la conception et la naissance de Jésus ont permis la victoire sur le péché et sur le diable (Genèse 3.15; Matthieu 1; Luc 2). Dieu utilise l'enfantement des enfants de l'alliance pour rassembler son Église.

8 pages. Traduit par RC

La conception et la naissance d'un enfant

  1. La Genèse
  2. Lévitique 12
  3. Ecclésiaste
  4. Matthieu 1
  5. Luc 2
  6. Qui?
  7. Pourquoi?
  8. Les implications
  9. Les enfants
  10. La réponse de la foi
  11. Conclusion

Le Seigneur Jésus a été conçu et il est né. Nous avons été conçus et nous sommes nés nous aussi; il en a été ou il en sera de même pour nos enfants et nos petits-enfants. Conception et naissance sont la façon normale de venir au monde.

Cependant, tous les gens ne sont pas venus au monde au moyen de la conception et de la naissance. Le Seigneur Dieu a pris de la poussière de la terre pour former un homme, puis il a soufflé le souffle de vie dans ses narines et Adam est devenu un être vivant. Il n’est pas question de conception et de naissance dans son cas. Dieu a ensuite pris une côte d’Adam à partir de laquelle il a formé Ève, un deuxième être humain. Aucune conception ni aucune naissance n’ont été requises dans son cas non plus. Dieu n’est donc pas limité au processus de la conception et de la naissance pour mettre au monde des humains. Alors pourquoi a-t-il fait en sorte que Jésus soit conçu et qu’il naisse? Pourquoi n’a-t-il pas façonné Jésus à partir d’une côte de Marie? Quel lien y a-t-il entre la conception et la naissance de Jésus et notre chambre conjugale?

1. La Genèse🔗

Pour répondre à cette question, il faut revenir à la Parole de Dieu en Genèse 3. Immédiatement après la chute et l’entrée du péché, après l’audience d’Adam et Ève, le Seigneur Dieu a dit au serpent : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : Celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui écraseras le talon » (Gn 3.15). Nous comprenons la promesse : un enfant de la femme vaincra Satan.

Adam et Ève ont entendu le Seigneur prononcer cette parole. Ainsi donc, lorsque Ève est devenue enceinte (Gn 4.1), la pensée suivante lui est sûrement venue à l’esprit, de même qu’à Adam : « Est-ce là l’enfant qui écrasera Satan? » Il s’est avéré que non, ce n’était pas lui. Caïn était incapable de sauver. Quand par la suite leur deuxième enfant est né, Adam et Ève ont bien réalisé que lui non plus ne pouvait écraser Satan. Ils ont appelé leur deuxième enfant Abel, ce qui signifie « vanité » en hébreu. Le fait que Caïn et Abel étaient tous les deux incapables d’écraser le diable est devenu manifeste lorsque l’un des deux s’est emporté et a tué l’autre. Le péché tenait fermement Caïn dans ses griffes. Ce n’est pas Caïn qui a écrasé le diable, mais plutôt le diable qui a dominé sur lui.

D’où venait le péché de Caïn? Nous lisons en Genèse 5.1 : « Le jour où Dieu créa Adam, il le fit à la ressemblance de Dieu. » Le mot « ressemblance » ne signifie pas que l’homme ressemblait à Dieu physiquement, mais plutôt que l’homme a été créé avec la capacité d’imiter Dieu, de refléter la sainteté, la justice et les perfections de Dieu. Je mentionne cela, car deux versets plus loin la Bible dit : « Adam, âgé de 130 ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image » (Gn 5.3). L’idée de ce passage n’est pas que le bébé ressemblait physiquement à Adam; le mot « ressemblance », ici aussi, véhicule l’idée que le fils reflétait les attributs du père. Tout comme Adam était pécheur, de même son fils était pécheur. D’ailleurs, ce n’est pas uniquement son premier fils qui était pécheur, ni son troisième, mais tous ses enfants. Le péché caractérise toutes les générations depuis Adam. C’est pourquoi Genèse 5 répète impitoyablement le même refrain : « Puis il mourut. »

C’est là une pensée troublante. Un homme et une femme s’unissent et leur étreinte amoureuse engendre une grossesse. C’est excitant! Cependant, l’enfant est pécheur. L’enfant à son tour devient un homme ou une femme, il ou elle se marie, puis ils ont un enfant qui est pécheur lui aussi. C’est ce que David a déclaré à son propre sujet : « Voici, je suis né dans la faute, et ma mère m’a conçu dans le péché » (Ps 51.7). Il en est ainsi de génération en génération. Chaque mère et chaque père, bien que tout excités à l’idée d’apprendre la nouvelle d’une grossesse, donnent invariablement naissance à un autre pécheur dans ce monde créé par Dieu. Voilà une chose tellement terrible et néfaste! Car Dieu est saint et il ne tolère aucun pécheur en sa présence — ni dans le monde qu’il a créé non plus!

2. Lévitique 12🔗

Dieu a d’ailleurs donné des instructions à cet effet à Israël en Lévitique 12. Ce chapitre de la Bible explique ce que le peuple d’Israël devait faire lorsqu’un enfant naissait. Souvenons-nous que les parents en Israël devaient inculquer les paroles de Dieu à leurs enfants lorsqu’ils marchaient sur la route et lorsqu’ils s’assoyaient, lorsqu’ils travaillaient et lorsqu’ils jouaient (Dt 6.7). Le contenu de ce chapitre faisait partie de cet enseignement! Selon les prescriptions de Dieu, une mère était impure pendant une période de quarante jours après la naissance d’un fils et pendant une période de quatre-vingts jours après la naissance d’une fille. À ma connaissance, personne n’a encore donné une explication satisfaisante au fait que la durée de l’impureté était plus longue lors de la naissance d’une fille que lors de celle d’un garçon. Cependant, le fait est que Dieu spécifie que la mère était impure après la naissance.

Le Seigneur précise ensuite qu’après la période d’impureté, la mère devait apporter au sacrificateur « un agneau d’un an pour l’holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché » (Lv 12.6). Un holocauste symbolisait l’offrande de la personne tout entière au Seigneur (Lv 1). La mère qui présentait cet holocauste promettait au Seigneur d’être une bonne mère pour cet enfant de l’alliance.

Il y a cependant une chose très frappante en ce qui a trait à notre sujet : c’est que la mère devait également présenter un sacrifice pour le péché. Pourquoi un sacrifice pour le péché? En présentant un sacrifice pour le péché, un Israélite confessait un péché (involontaire) devant le Seigneur (voir Lv 4). Quel péché pouvait avoir un lien avec l’enfantement? Eh bien! le péché de la mère (et du père avec elle) était justement d’avoir ajouté un autre pécheur dans ce monde qui appartient à Dieu. L’homme aurait dû vivre à l’image de Dieu et refléter sa sainteté. C’est ainsi que Dieu l’avait créé, mais l’homme n’agit pas de cette manière. Chaque enfant engendré par des parents est un pécheur. Les parents, tout comme l’enfant, méritent donc le jugement de Dieu. La Confession de foi des Pays-Bas l’affirme en ces mots :

« Nous croyons que, par la désobéissance d’Adam, le péché originel a été répandu sur tout le genre humain. Le péché originel est une corruption de la nature humaine tout entière et un mal héréditaire qui entache même les tout petits enfants dans le sein maternel. C’est une racine qui produit en l’homme toutes sortes de péchés. Il est tellement infâme et abominable devant Dieu qu’il suffit pour condamner le genre humain » (article 15).

C’est la raison pour laquelle, tout comme les mères en Israël devaient le faire, nous devons nous aussi aujourd’hui reconnaître que nos tout-petits ne sont pas les petits anges innocents que nous aimerions qu’ils soient. Ces tout-petits sont corrompus, enclins à tout mal, même si l’idée qu’il en soit ainsi nous répugne. Dans une liturgie du baptême, il est demandé aux parents de reconnaître que leur jeune enfant « a été conçu et est né dans le péché et que, par conséquent, il est assujetti à toutes sortes de misères et même à la condamnation ». C’est inévitable : des parents corrompus donnent naissance à des enfants corrompus (Canons de Dordrecht, section III/IV, art. 2). Nous aurons beau faire tous les efforts possibles pour donner naissance à un enfant qui peut écraser la tête du serpent, à un enfant qui puisse plaire à Dieu, personne ne le peut.

3. Ecclésiaste🔗

Cette dure réalité jette une ombre très sombre sur l’enfantement et donc aussi forcément sur l’union physique de l’homme et de la femme. Cela fait partie de la vanité et de la futilité de la vie dont parle l’Ecclésiaste, car tout est vanité et futilité, y compris le mariage, les relations sexuelles, la grossesse et la naissance. Peu importe les efforts déployés par une génération donnée en vue de changer la situation, il est certain que les enfants que cette génération mettra au monde seront pécheurs, corrompus et enclins à tout mal. À sa grande consternation, chaque nouvelle génération doit de nouveau apprendre la dure vérité confessée par Adam et Ève à la naissance d’Abel : tout est abel, vanité, poursuite du vent. Nous ne pouvons pas donner naissance à un enfant capable d’écraser la tête du serpent. Au contraire, tout enfant que nous mettons au monde est un autre pécheur qui s’ajoute dans ce monde qui appartient à Dieu et cette réalité exige un sacrifice pour le péché.

Mon père et ma mère ont dû reconnaître cette réalité à mon sujet; j’ai été conçu et je suis né dans le péché. Je dois également reconnaître cette même réalité chez mes enfants; chacun d’eux est pécheur depuis sa naissance et même depuis sa conception. Il serait peut-être préférable de ne pas avoir d’enfants… Jésus n’a-t-il pas dit ceci à propos du jour du jugement de Dieu : « Heureuses les stériles, heureuses celles qui n’ont pas enfanté et qui n’ont pas allaité! » (Lc 23.29). Les enfants sont pécheurs, sans exception. Hélas! Quel malheur quand une mère devient enceinte! Comme elle est sombre cette ombre qui couvre la conception et la naissance!

4. Matthieu 1🔗

Mais un instant! Que s’est-il passé au juste à Noël? Une arrière-petite-fille d’Adam, aussi pécheresse et corrompue que son ancêtre, était fiancée à un homme du nom de Joseph, lui-même aussi entièrement corrompu. Mais avant que les deux se marient et s’unissent, « elle se trouva enceinte par l’action du Saint-Esprit » (Mt 1.18). Dieu est intervenu dans le processus normal de la conception d’un enfant pour que cette femme pécheresse devienne enceinte sans la participation d’un homme. Cette conception a eu pour fruit un enfant saint et sans péché (Lc 1.35), à l’image de son Père céleste! Voilà le grand miracle de Noël : Dieu a brisé le cercle vicieux de parents corrompus donnant naissance à des enfants corrompus. Il l’a fait en écartant le père terrestre pécheur et en rendant la mère terrestre pécheresse enceinte d’un enfant qui n’était pas corrompu par le péché.

C’est un miracle de la grâce de Dieu. Dans le jardin d’Éden, le Seigneur avait annoncé que la descendance de la femme viendrait écraser la tête du serpent. Au cours des générations et des siècles qui ont suivi, le Seigneur a donné amplement d’occasions à chaque nouvelle génération de vaincre le diable. Aucune génération n’a toutefois réussi à le faire. Même si plusieurs millions de personnes sont nées au cours des plus ou moins 4000 ans qui ont suivi l’annonce faite par Dieu dans le paradis, chaque nouvelle génération était aussi corrompue que la précédente et chaque individu de chaque génération était tout aussi corrompu que son voisin.

Il en est de même pour chaque génération aujourd’hui encore. C’est la raison pour laquelle nous reconnaissons, selon ce que Dieu nous a révélé, notre péché dans lequel nous avons été conçus (voir Catéchisme de Heidelberg, Q&R 36). Des parents corrompus donnent invariablement naissance à des enfants corrompus. Dieu a donc brisé le cercle vicieux de parents corrompus donnant naissance à des enfants corrompus et a introduit quelque chose de nouveau : une femme pécheresse a conçu un enfant saint et parfait!

5. Luc 2🔗

Marie et Joseph savaient que le petit enfant était saint. L’ange le leur avait dit : « Le saint enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1.35). Pourtant, lorsque la période prescrite de quarante jours d’impureté a été terminée, Marie a fait ce que le Seigneur avait commandé dans le Lévitique. Après avoir complété le temps de leur purification selon la loi de Moïse, Joseph et Marie sont allés à Jérusalem « pour offrir en sacrifice une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme c’est prescrit dans la loi du Seigneur » (Lc 2.24). Marie a offert un holocauste pour se consacrer au service du Seigneur dans son nouveau rôle de mère. Elle a offert un sacrifice pour le péché parce qu’elle avait donné naissance à un autre pécheur dans ce monde qui appartient à Dieu… Pourtant, l’enfant qu’elle avait mis au monde n’était pas pécheur; cet enfant était saint! Pourquoi Marie a-t-elle donc offert ce sacrifice pour le péché? L’a-t-elle fait par tradition ou par superstition? N’aurait-elle pas dû s’abstenir d’offrir ce sacrifice?

Non, elle ne devait pas s’en abstenir. Bien qu’elle ait été créée pour être sainte, elle était incapable de concevoir un enfant saint par elle-même. Elle n’était pas meilleure que sa voisine. Il convenait qu’elle confesse cette réalité au moyen de ce sacrifice pour le péché.

Par ailleurs, tout sacrifice pour le péché présenté par une mère dans l’Ancien Testament allait devoir être suivi d’un autre sacrifice. Jamais l’agneau ou la tourterelle du sacrifice pour le péché ne suffirait à ôter ce péché (involontaire) qui consiste à donner naissance à un autre pécheur dans ce monde qui appartient à Dieu (Hé 10.11). Chaque sacrifice pour le péché qui était offert constituait en fait un appel criant pour le grand sacrifice pour le péché — le sacrifice de la descendance de la femme, qui allait écraser la tête du serpent, qui allait couvrir devant le regard de Dieu le péché dans lequel chaque personne est conçue et naît.

Lorsque le fils de Marie est né, c’est celui qui allait s’offrir en sacrifice pour le péché qui est né — un enfant innocent et parfaitement saint qui un jour deviendrait le plus grand pécheur au monde, non pas parce qu’il a péché, mais parce qu’il a porté tous les péchés commis par son peuple. Quand Marie a obéi au commandement de Lévitique 12, la mission de son saint fils a été clairement définie : il allait devoir mourir pour nos péchés et ainsi écraser le diable.

6. Qui?🔗

Cependant, aucun enfant ne peut écraser le diable, même s’il est innocent et parfaitement saint. Quel homme peut vaincre le Prince des ténèbres? C’est la raison pour laquelle nous devons bien noter qui est le véritable Père de l’enfant de Marie. D’où vient ce saint enfant? Qui est-il?

Avant que nous ayons été conçus, nous n’existions pas. C’est le cours normal des choses; lorsqu’un homme et une femme s’unissent, le Seigneur donne vie à un nouvel être humain qui n’a aucune histoire. Pour le fils de Marie, c’était toutefois bien différent. Avant d’aller à la croix pour payer pour nos péchés, Jésus a prié son Père céleste : « Glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que le monde fût » (Jn 17.5). Le Saint-Esprit ajoute qu’il « était au commencement avec Dieu » (Jn 1.2). En fait, l’enfant né de Marie appelait Dieu son Père parce qu’il était le Fils de Dieu et qu’il était dans la gloire avec le Père depuis toute éternité. Quand il est venu sur terre, il avait donc toute la puissance nécessaire pour sauver.

Pensez-y un instant; quelle merveille! Le Fils unique de Dieu a quitté le confort et la splendeur du ciel pour venir vivre avec des hommes pécheurs. Ceux que Paul décrit comme étant sans force, impies, pécheurs, ennemis de Dieu (Rm 5) sont devenus sa mère, son beau-père, ses frères, ses sœurs, ses voisins, ses compagnons de jeu et ses collègues de travail. Il a échangé la gloire du ciel, où les anges chantaient continuellement ses louanges et se cachaient la face dans sa présence (És 6), contre l’humiliation d’une étable, d’une auge, de langes et contre des pécheurs comme compagnons. Il n’y a pas de mots pour décrire le contraste entre ce qu’il avait et ce qu’il a accepté de porter en se faisant homme. C’est cela le miracle de Noël : « Que le Fils éternel de Dieu, qui est vrai Dieu de toute éternité et demeure tel, a pris, par l’œuvre du Saint-Esprit, une vraie nature humaine de la chair et du sang de la vierge Marie » (Catéchisme de Heidelberg, Q&R 35). Comme c’est merveilleux! Absolument extraordinaire!

7. Pourquoi?🔗

Mais pourquoi? Pourquoi le Fils de Dieu a-t-il échangé la splendeur du ciel pur pour les conditions sordides d’une terre déchue? Il l’a fait par amour pour vous et par amour pour moi — et non seulement pour nous, mais pour le bien de millions d’autres personnes. Mais ces millions nous incluent, vous et moi! Le Fils de Dieu s’est dépouillé « pour nous et pour notre salut », nous dit le Symbole de Nicée. Il est venu sur la terre en tant que descendance de la femme, la descendance qui allait pouvoir écraser la tête du serpent. Il est venu pour accomplir ce qu’aucun autre enfant né de quelque femme que ce soit depuis l’époque de Genèse 3 n’a pu accomplir, quelles qu’aient été sa force, sa noblesse, son éducation et sa popularité. Il est venu, vrai Dieu dans la chair, Emmanuel, Dieu avec nous, afin que les pécheurs puissent être réconciliés avec le Dieu que nous avons offensé au paradis.

Quelle pensée renversante! Il est venu pour nous et pour notre salut. Il est venu en pensant à moi lorsqu’il est devenu un homme, il y a plus de 2000 ans! Cette merveilleuse nouvelle ne peut certainement pas nous laisser froids ou indifférents. C’est un Évangile absolument incroyable!

8. Les implications🔗

Cependant, nous nous trompons si nous pensons que le fruit de ce premier Noël se limite à l’œuvre de Jésus-Christ réconciliant des pécheurs avec Dieu. Souvenons-nous que, parce que des parents corrompus donnent invariablement naissance à des enfants corrompus, chaque naissance était couverte d’une ombre dans l’Ancien Testament. Chaque mère en Israël, accompagnée du père, devait présenter au Seigneur un sacrifice pour le péché après sa période d’impureté. Un homme et une femme avaient mis au monde un autre pécheur et cet acte avait besoin d’être expié. Cette ombre sur l’enfantement se répercutait forcément sur l’union physique de l’homme et de la femme à l’intérieur du mariage.

Bien que Dieu ait accordé le don si magnifique de la sexualité aux couples mariés et que Salomon ait pu célébrer ce don en le décrivant de manière si merveilleuse dans le Cantique des cantiques, ce même Salomon devait conclure dans le livre de l’Ecclésiaste que tout est vanité, tout est futile, y compris le mariage et l’union sexuelle. Nous pouvons comprendre cette conclusion de Salomon lorsque nous examinons ce texte à la lumière de Lévitique 12. Un homme pécheur et une femme pécheresse donnent naissance à un autre enfant pécheur, un enfant qui ne peut pas écraser la tête du serpent, un enfant qui a besoin d’être libéré de l’esclavage du péché et de Satan.

Mais maintenant que Dieu est venu briser le cercle vicieux de parents pécheurs donnant naissance à des enfants pécheurs, la futilité de l’enfantement a disparu, car l’enfant né de Marie a accompli le mandat qui lui avait été confié lorsque Marie a offert son sacrifice pour le péché (Lc 2). Il est allé à la croix pour payer pour les péchés, y compris l’offense que les parents font à Dieu lorsqu’ils mettent au monde un autre pécheur. Même ce péché-là est entièrement expié; et Dieu utilise maintenant ce mécanisme brisé pour réaliser son plan! Bien que des parents corrompus mettent encore au monde une descendance corrompue, Dieu nous voit maintenant, nous les parents, comme saints en Jésus-Christ et il voit également nos enfants comme saints en Jésus-Christ! Nous et nos enfants sommes saints grâce au sacrifice de Jésus-Christ. Jésus a dit à propos des enfants de l’alliance que le Royaume des cieux leur appartient (Mc 10.14) et Paul a ajouté que les enfants des croyants sont saints (1 Co 7.14).

C’est la raison pour laquelle l’ombre qui planait sur l’enfantement a aujourd’hui disparu; cette ombre a fait place à la lumière de Dieu qui brille maintenant sur l’enfantement. L’étreinte amoureuse de l’homme et de la femme qui s’unissent est un moyen privilégié par lequel Dieu rassemble son Église! Car il confie les enfants de son alliance à des parents croyants. Il ne leur confie pas ces enfants d’abord à travers l’adoption, mais bien plutôt à travers le processus de la naissance. À cause de Noël, la conception et la naissance sont maintenant un moyen par excellence que Dieu utilise pour mettre au monde des enfants qui ont la promesse de son héritage éternel.

9. Les enfants🔗

C’est la raison pour laquelle, malgré le fait qu’il ait vécu avant que Dieu intervienne pour briser le cercle vicieux de parents corrompus donnant naissance à des enfants corrompus, le psalmiste d’autrefois a pu dire avec tant d’assurance : « Voici que des fils sont un héritage de l’Éternel, le fruit des entrailles est une récompense. […] Heureux l’homme qui en a rempli son carquois! » (Ps 127.3,5). C’est également la raison pour laquelle l’apôtre Paul — après que Dieu soit intervenu dans le cycle de la reproduction afin d’accomplir son plan — a pu demander à Tite d’enseigner aux femmes plus âgées dans l’Église à « apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, […] à être occupées à la maison, […] afin que la Parole de Dieu ne soit pas calomniée » (Tt 2.3-5).

Remarquez de quelle manière Paul met en valeur le rôle de la mère et la bénédiction d’avoir des enfants. « Je veux donc que les jeunes se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles dirigent leur maison, afin de ne donner à l’adversaire aucune occasion de médire » (1 Tm 5.14; voir aussi 1 Tm 2.15). Dieu se sert de l’union du mari et de la femme pour rassembler son Église; c’est le moyen par excellence qu’il utilise pour placer les enfants de l’alliance sur cette terre. Quel grand privilège, donc, de donner naissance à un enfant!

10. La réponse de la foi🔗

La lumière que Dieu fait désormais briller sur l’enfantement nécessite une réponse de la foi. Cette réponse de la foi est une réponse qui rend gloire à Dieu pour la rédemption qu’il a accomplie à travers le don de son Fils. La foi répète après Dieu l’Évangile de la rédemption : à cause de la conception et de la naissance saintes de Jésus, « il est notre Médiateur et, par son innocence et sa parfaite sainteté, il couvre devant la face de Dieu mon péché dans lequel j’ai été conçu » (Catéchisme de Heidelberg Q&R 36). C’est une réponse que chacun d’entre nous doit donner encore et encore, que l’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, marié ou célibataire, parent ou non. La conception et la naissance de Jésus sont notre salut. Il a ôté le péché, la corruption, dans lesquels je suis né. Alléluia!

La réponse de la foi ne doit toutefois pas se limiter à se réjouir du salut que Dieu a accompli à Noël. La réponse de la foi doit être complétée par des actions (Jc 2). Par exemple, puisque le Seigneur Dieu a sanctifié la conception et la naissance à travers Jésus-Christ pour en faire un moyen privilégié par lequel il rassemble son Église, les couples doivent considérer la dimension physique de leur amour à la lumière de cette nouvelle réalité. Bien entendu, la bénédiction de la conception est loin d’être le seul aspect des relations sexuelles dont nous pourrions parler; les relations sexuelles sont d’abord et avant tout une façon de communiquer notre amour. Il ne m’est toutefois pas possible de développer cet aspect dans cet article. Le fait est qu’il plaît à Dieu d’accorder à l’enfantement une place très importante dans le rassemblement de son Église.

Les enfants que les parents chrétiens peuvent recevoir de Dieu sont saints. C’est la raison pour laquelle un homme et une femme ne devraient pas attendre trop longtemps — parfois pendant des années (jusqu’à ce qu’ils soient vraiment établis) — avant d’envisager d’avoir des enfants, qui sont des dons de Dieu. C’est aussi la raison pour laquelle un homme et une femme ne devraient pas estimer trop vite que leur carquois est rempli. Même si notre culture dit que la population mondiale est bien assez nombreuse, que ça coûte cher d’avoir des enfants et que nous avez besoin de temps pour nous-mêmes ainsi que pour notre couple, Dieu parle des enfants d’une manière bien différente.

Ne vous y trompez pas! Si Dieu a fait briller la lumière de sa rédemption sur l’enfantement, si Dieu utilise l’union d’un homme et d’une femme pour rassembler son Église, nous devons certainement nous attendre à ce que le diable proteste et qu’il nous souffle à l’oreille que les enfants sont un fardeau, qu’ils coûtent cher et qu’ils sont une source d’ennuis… Le Seigneur veut que nous résistions au diable! Si, en ce temps-ci de l’année, nous pouvons nous réjouir dans la richesse de la conception et de la naissance saintes de Jésus, notre foi doit se traduire dans nos actions également.

11. Conclusion🔗

Par la grâce de Dieu, nous confessons que le Fils de Dieu s’est fait chair par l’opération du Saint-Esprit dans la vierge Marie. C’est là un glorieux Évangile qui nous donne la certitude du pardon de nos péchés, incluant la corruption dans laquelle nous sommes nés. C’est là un glorieux Évangile qui pénètre même jusque dans notre chambre à coucher et qui touche la façon dont nous agissons dans l’intimité secrète du mariage. Il nous pousse à l’émerveillement et à l’adoration. Quel Dieu merveilleux est-il, lui qui a tant donné pour notre rédemption! Quel Dieu merveilleux est-il, lui qui, aujourd’hui encore, se sert de l’étreinte amoureuse de l’homme et de sa femme pour rassembler son Église! Quelle richesse incomparable! À lui toute la gloire!