Les erreurs du mouvement écologiste moderne
Les erreurs du mouvement écologiste moderne
L’un des tout premiers commandements que Dieu a donnés à l’humanité consistait à procréer, à se multiplier, à remplir la terre et à la soumettre. C’était un mandat empreint de joie.
À un moment donné de l’histoire moderne, nous avons perdu cet esprit de célébration. Nous avons troqué la joie de la domination contre une honte paralysante. Le discours environnementaliste moderne, dominant dans nos médias et nos universités, ne considère plus les humains comme les jardiniers de la terre, mais comme son cancer.
Ce changement trouve ses racines dans une idéologie antihumaine distincte qui a gagné du terrain sur le plan politique dans les années 1970, en particulier au sein des mouvements écologistes naissants en Europe. Cela a fait ressortir une croyance profondément ancrée selon laquelle la nature n’est pure que lorsqu’elle est dépourvue d’influence humaine.
Cette vénération néopaïenne de la nature, souvent associée à un mépris de type néonazi pour la civilisation industrielle, s’est métastasée en ce sentiment de culpabilité mondial auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. On le voit dans les yeux des jeunes terrifiés à l’idée de mettre des enfants au monde. On l’entend dans les couloirs du pouvoir où l’on murmure que la « décroissance » constitue la solution.
Pour le chrétien, la haine de soi environnementale actuelle constitue une hérésie contre l’intention du Créateur. Le dessein de Dieu ne demeure pas figé. Il n’a pas créé une pièce de musée à observer derrière des cordons de velours. Il a créé un atelier. Lorsque nous lisons la Genèse, nous voyons que l’histoire du monde est géocentrique dans le sens où elle est anthropocentrique — elle tourne autour du drame de l’humanité.
La chute, décrite dans Genèse 3, a rompu notre relation avec Dieu, qui a maudit la terre, rendant notre travail difficile. Cependant — et c’est là un point crucial —, la chute n’a pas annulé le mandat de dominer la terre. Dieu nous demande toujours de régner. La différence, c’est qu’aujourd’hui, nous devons lutter contre les épines et les chardons. Pourtant, le mouvement écologiste moderne nous invite à nous soumettre aux épines.
Le principe biblique de l’intendance consiste à gérer le domaine pour le bien du propriétaire (Dieu) et des locataires (nous). Un intendant qui refuse de récolter les fruits parce qu’il a peur de perturber le champ n’est pas un bon intendant; c’est le serviteur méchant et paresseux des paraboles.
La réalité scientifique : Malthus avait tort
Si la théologie du mouvement écologiste moderne est en faillite, sa science fait encore pire.
En 1798, Thomas Robert Malthus a postulé que la croissance démographique dépasserait inévitablement la production alimentaire, entraînant famine et effondrement. Cette théorie est restée en sommeil jusqu’aux années 1960 et 1970, coïncidant avec ce changement idéologique allemand, lorsque les universitaires l’ont ressuscitée.
Ils nous ont dit que nous étions un virus tuant son hôte. Ils avaient tort à l’époque. Ils ont tort aujourd’hui. Les chiffres ne racontent pas une histoire d’effondrement, mais celle d’une abondance miraculeuse qui frôle le providentiel.
Depuis les années 1960, nous n’avons pas assisté à la famine de milliards de personnes, comme le prédisaient des succès de librairie tels que The Population Bomb [La Bombe P]. Au contraire, la production alimentaire mondiale a explosé1. Entre 1961 et 2020, alors que les alarmistes criaient au plafonnement de la croissance, la production agricole a presque quadruplé.
Pour plus de précision, la production a augmenté d’environ 300 % à 390 %2. Au cours de cette même période, la population mondiale a augmenté de 2,63 fois. Faites le calcul. Nous ne nous contentons pas de suivre le rythme; nous sommes en train de gagner. La production agricole par habitant a augmenté de 53 %. Cela signifie que, pour chaque nouvelle bouche venue au monde, nous avons produit plus de nourriture que pour la personne née avant elle.
La véritable marque d’un bon intendant, c’est son efficacité, et, selon l’USDA, l’empreinte nécessaire pour nourrir le monde a considérablement diminué3. La superficie de terres cultivées nécessaire pour produire 1000 dollars de produits agricoles (comme le riz, le maïs et le blé) a baissé de 68 %, passant de 1,9 hectare en 1961 à 0,6 hectare en 2020. La quantité d’eau d’irrigation utilisée pour obtenir cette même production agricole de 1000 dollars est passée de 1,8 mégalitre au début des années 1990 à 1,1 mégalitre entre 2016 et 2020. Nous faisons plus avec moins.
Aucun de ces chiffres — rendus possibles par l’utilisation d’engrais, l’irrigation et la récolte mécanisée — n’aurait pu être atteint sans énergie, plus précisément une énergie dense, fiable et abordable. Et la consommation d’énergie raconte une histoire complémentaire : la consommation mondiale d’énergie primaire a augmenté d’environ 170 % depuis les années 1960 et a connu une hausse colossale de 2930 % depuis 18004.
Cette explosion de la consommation d’énergie coïncide parfaitement avec des découvertes et des innovations sans précédent dans les domaines de la science et de la technologie. Elle a ouvert la voie à d’incroyables réussites humaines. La mesure ultime de ce succès n’est pas le PIB, mais la vie elle-même.
En 1900, avant la généralisation des combustibles fossiles et de l’agriculture moderne, l’espérance de vie moyenne d’un nouveau-né se situait à 32 ans seulement, un chiffre tragique. En 2021, ce chiffre avait plus que doublé pour atteindre 71 ans5. Réfléchissez à sa signification. Nous avons offert à l’être humain moyen une seconde vie entière.
Le jardin existe toujours. Il a pris de l’ampleur aujourd’hui, d’envergure mondiale, et il exige plus de travail que jamais. Vous avez le choix : vous pouvez adopter une vision du monde qui vous considère comme un fléau pour la planète, une vision aux origines historiques sombres et à l’avenir sans espoir. Ou vous pouvez vous appuyer sur le roc solide des Écritures et sur les preuves indéniables de l’histoire.
Premièrement, rejetez la fausse théologie qui assimile le développement humain au péché. Le travail humain, l’ingéniosité humaine et l’industrie humaine reflètent l’image de Dieu en nous.
Deuxièmement, fondez la gestion responsable sur l’abondance, et non sur la pénurie. Le mandat biblique suppose un monde de ressources authentiques que les humains sont appelés à développer et à gérer avec sagesse.
Et troisièmement, résistez à l’intimidation morale que déploient les discours culpabilisants. Lorsque vous entendez dire que l’humanité détruit la planète, consultez les données.
Notes
1. « Rice production, 1961 to 2024 » [La production de riz, de 1961 à 2024], Our World in Data.
2. Keith Fuglie, Stephen Morgan et Jeremy Jelliffe, « Global Changes in Agricultural Production, Productivity, and Resource Use Over Six Decades » [Évolution mondiale de la production agricole, de la productivité et de l’utilisation des ressources sur six décennies], U.S. Department of Agriculture, Economic Research Service, 30 septembre 2024.
3. Keith Fuglie, Stephen Morgan et Jeremy Jelliffe, « Global Changes in Agricultural Production, Productivity, and Resource Use Over Six Decades » [Évolution mondiale de la production agricole, de la productivité et de l’utilisation des ressources sur six décennies], U.S. Department of Agriculture, Economic Research Service, 30 septembre 2024.
4. Jean-Marie Martin-Amoureux, « Consommation mondiale d’énergie 1800-2000 : les résultats », Encyclopédie de l’énergie, 14 décembre 2015.
5. Saloni Dattani, Lucas Rodés-Guirao, Hannah Ritchie, Esteban Ortiz-Ospina et Max Roser, « Life Expectancy » [Espérance de vie], Our World in Data.
