Être présent
Être présent
Il y a des moments où un pasteur doit simplement être présent.
Vous recevez un appel téléphonique :
« Pasteur, un accident est arrivé. »
« Pasteur, le médecin vient de nous annoncer une mauvaise nouvelle. »
« Pasteur, mon mari et moi avons vraiment besoin de parler à quelqu’un de notre mariage. »
Lorsqu’un pasteur ou un ancien reçoit ce genre d’appel, il ne lui reste qu’une seule action à poser. Il doit y aller. Oui, il devra les écouter, les conseiller, lire les Écritures ensemble et prier avec eux. Mais tout commence par le fait d’y aller.
Au cours de mes dix-huit années de pastorat, j’ai appris qu’une grande partie de mon travail pastoral consistait avant tout à être présent. Les membres du peuple de Dieu ont besoin que nous soyons là pour eux, littéralement.
C’est le modèle établi par Jésus lui-même. Dans Jean 14, il ordonne à ses disciples de ne pas avoir peur, même s’il allait monter au ciel : « Que votre cœur ne se trouble pas » (Jn 14.1). Il joint ensuite ce commandement à la promesse de sa présence; il dit que, par son Esprit, il restera toujours proche. « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai vers vous » (Jn 14.18).
« Je viendrai vers vous. » La présence s’avère cruciale, à la fois dans le ministère du Christ envers nous et dans notre ministère envers les autres, en particulier envers ceux qui souffrent.
Nancy Guthrie a écrit un excellent livre sur la manière d’aider les personnes en deuil1. À un moment donné, elle résume tous ses conseils à ceux qui cherchent à aider les personnes en deuil au moyen d’un plan d’action simple en deux mots : « Être présent ».
Voilà une sagesse qui peut s’appliquer à de nombreuses situations pastorales. Passer un coup de fil, envoyer un texto ou essayer d’entrer en contact avec la personne le dimanche après le culte est toujours plus facile. Cependant, le simple fait de « se présenter », même pour une brève visite, témoigne de l’amour qui anime le cœur d’un pasteur.
Ce simple geste procure le réconfort de la présence d’un serviteur du Christ, quelqu’un qui peut écouter avec amour. C’est une bénédiction d’avoir un pasteur ou un ancien qui est prêt à ouvrir les Écritures avec un fidèle du Seigneur et à prier avec lui2.
D’une certaine manière, un pasteur devrait aspirer à devenir la personne sur qui on peut compter. Les membres de l’Église savent que nous viendrons. Nous irons à l’hôpital. Nous nous présenterons chez eux, dans les moments difficiles comme dans les moments de joie.
Il y a bien sûr des limites à cela. Un pasteur ne peut pas se trouver partout tout le temps. Il n’est qu’un être humain. Le pasteur n’est pas non plus le seul berger du troupeau du Seigneur, car Dieu a également confié cette tâche pastorale aux anciens de l’Église. De même, les diacres exercent un ministère de miséricorde, dans le cadre duquel ils viennent en aide aux personnes seules et soutiennent celles qui traversent des difficultés.
Néanmoins, un pasteur doit développer un instinct de berger pour savoir quand il doit se présenter afin d’être là pour pouvoir aider.
Par exemple, il devrait intervenir lorsqu’une crise frappe une famille. Il peut s’agir de la révélation soudaine d’un péché grave, ou lorsqu’un adolescent quitte brusquement la maison, lorsqu’un besoin criant d’accompagnement pastoral ou d’encouragement se fait sentir.
Ou après un diagnostic médical grave, lorsqu’un profond besoin de la paix du Christ se fait pressant.
Lorsque quelqu’un approche de la fin de sa vie et qu’il a besoin d’une parole rassurante de l’Évangile. Et aussi lorsque Jésus rappelle à lui un être cher.
Ou avant une opération chirurgicale importante, quand quelqu’un a besoin de parler de ses craintes.
Tout n’est pas toujours sombre, on ne vit que des situations difficiles et des moments éprouvants. Les pasteurs ont le privilège de partager également les moments heureux, comme la naissance d’un enfant, la célébration d’un anniversaire important, un mariage ou une profession de foi. Dans ces moments-là aussi, le pasteur doit être présent et guider les fidèles dans l’action de grâce envers Dieu.
Dans tout cela, nous pouvons présumer qu’un pasteur ou un ancien exerce un ministère de visite régulier, et pas seulement dans les moments de crise ou de célébration. Pensons à l’apôtre Paul, qui a décrit ses années à Éphèse comme suit : « Je vous annonçais et enseignais publiquement et dans les maisons tout ce qui vous était utile » (Ac 20.20). Ce n’est pas seulement à l’église le dimanche que le pasteur a l’occasion de témoigner de l’amour et de la vérité de Dieu. Il peut aussi le faire dans le salon le lundi et autour de la table familiale le jeudi soir.
Le ministère pastoral a pour vocation d’apporter la Parole de Dieu et de témoigner de l’amour de Dieu au peuple de Dieu.
Nous ne le faisons pas pour qu’ils nous félicitent, mais parfois, ils nous le disent : « Pasteur, merci. Merci d’être venu, juste au moment où nous en avions besoin. »
Notes
1. N.D.T. : Voir les articles de la série Ce que vous devez savoir sur le deuil provenant de ce livre.
2. N.D.T. : Voir l’article de Reuben Bredenhof Pasteur, ouvrez la Parole.
