Cet article sur la Confession des Pays-Bas (article 28) a pour sujet l'obligation de se joindre à l'Église, les personnes et les attitudes visées par cette confession, la convocation de Dieu, la joie de louer Dieu dans l'assemblée, y rester attaché pour l'édification et l'unité dans la diversité.

Source: La raison de notre espérance. 4 pages.

L’obligation de se joindre à l’Église

Le devoir de se joindre à l’Église

« Puisque cette sainte assemblée et communauté est l’assemblée des sauvés et qu’il n’y a pas de salut en dehors d’elle, nous croyons que personne ne doit se retirer de cette assemblée pour se contenter de se retrouver seul, quels que soient sa condition ou son rang. Tous doivent se joindre et s’unir à elle, contribuant à l’unité de l’Église en se soumettant à son instruction et à sa discipline, en acceptant de porter le joug de Jésus‑Christ et en servant leurs frères pour les édifier, selon les dons que Dieu leur a accordés en tant que membres d’un même corps.

Afin que cette unité soit mieux gardée, c’est le devoir de tous les croyants, selon la Parole de Dieu, de se séparer de ceux qui ne font pas partie de l’Église et de se joindre à cette assemblée partout où Dieu l’a établie. Ils doivent le faire même si les autorités civiles et les décrets des dirigeants s’y opposent et que la mort ou la punition corporelle en découlent. Ainsi, tous ceux qui se retirent de l’Église ou qui ne s’y joignent pas s’opposent à ce que Dieu a ordonné. »

Confession de foi des Pays-Bas, article 28

  1. Les personnes et les attitudes visées par cette confession
  2. Dieu convoque son Église
  3. La joie de louer Dieu dans l’assemblée
  4. Se joindre à l’Église et y rester attaché
  5. S’édifier ensemble et conserver l’unité dans la diversité

Nous sommes souvent portés à considérer l’Église comme un objet de consommation qui est là pour satisfaire nos besoins et que nous pourrions délaisser si elle ne répond pas ou ne répond plus à nos attentes. Nous oublions souvent que le Seigneur nous a confié des responsabilités importantes envers son Église. Notre première responsabilité consiste à nous joindre à l’Église et à ne pas nous en séparer, comme le reconnaît la Confession de foi des Pays‑Bas.

« Puisque cette sainte assemblée et communauté est l’assemblée des sauvés et qu’il n’y a pas de salut en dehors d’elle, nous croyons que personne ne doit se retirer de cette assemblée pour se contenter de se retrouver seul, quels que soient sa condition ou son rang. Tous doivent se joindre et s’unir à elle » (art. 28).

1. Les personnes et les attitudes visées par cette confession🔗

Cet article visait à l’origine deux groupes de gens bien précis. Mentionnons d’abord les anabaptistes qui considéraient que l’Église revêtait une importance relative. En réaction aux erreurs de l’Église catholique romaine, ces gens avaient tendance à mépriser l’Église et à s’en séparer pour toutes sortes de raisons futiles. Certains d’entre eux ont formé des groupes sectaires radicaux. D’autres ont préféré rester isolés pour vivre à part et s’édifier tout seuls, estimant ne pas avoir besoin de l’Église.

Mentionnons ensuite les personnes que Calvin appelait les « Nicodémites » (en souvenir de Nicodème, qui est allé voir Jésus de nuit, par crainte des juifs, selon Jean 3). Bien que sympathiques à l’égard de la Réforme, ces croyants préféraient continuer d’assister à la messe et faire semblant d’être catholiques romains. Ils agissaient ainsi soit parce qu’ils espéraient encore influencer de l’intérieur cette institution corrompue, soit surtout par crainte de représailles et de persécutions. Les réformateurs ont essayé de convaincre les uns et les autres de se joindre à l’Église de Jésus‑Christ qui venait d’être réformée par la Parole de Dieu.

Ce genre d’attitude négative envers l’Église existe encore aujourd’hui. Plusieurs préfèrent rester à l’écart de l’Église pour diverses raisons. Ils estiment faire preuve de bonne vie chrétienne sans avoir besoin d’appartenir à une Église ou de participer régulièrement aux célébrations du dimanche. Ils ne trouvent pas la réponse à leurs questions ou à leurs aspirations dans l’Église. Ce qu’ils voient dans l’Église les frustre, les déçoit ou les rend mal à l’aise, ce qui les amène à s’isoler. D’autres ont subi de la part de dirigeants d’Église des préjudices ou des abus spirituels aux conséquences graves pour leur vie spirituelle et leur engagement dans une communauté chrétienne. D’autres pensent ne pas avoir le choix de travailler le dimanche pour ne pas perdre leur emploi. D’autres préfèrent courir les magasins, pratiquer des sports ou simplement dormir au lieu de se lever et d’aller louer Dieu au milieu de l’assemblée.

Sans vouloir minimiser les expériences négatives passées des uns et des autres par rapport à l’Église et le besoin de guérison, de réconciliation ou d’une meilleure instruction biblique, l ’article 28 demeure tout à fait d’actualité :

« Nous croyons que personne ne doit se retirer de cette assemblée pour se contenter de se retrouver seul, quels que soient sa condition ou son rang. Tous doivent se joindre et s’unir à elle. »

2. Dieu convoque son Église🔗

À plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, nous voyons que Dieu a décrété de « saintes convocations » pour appeler son peuple à se rassembler afin de célébrer ensemble le jour du sabbat ou d’autres fêtes solennelles en l’honneur de l’Éternel. « On travaillera six jours; mais le septième jour est le sabbat, le jour férié; il y aura une sainte convocation » (Lv 23.3). Dieu convoquait Israël tout particulièrement au tabernacle; plus tard, le peuple devait se rendre au temple, là où on proclamait et représentait l’Évangile du salut en Jésus‑Christ par les sacrifices d’animaux.

Le mot « convocation » signifie que Dieu lui‑même appelle son peuple à se rassembler pour l’adorer. Contrairement à l’opinion de plusieurs chrétiens d’aujourd’hui, le rassemblement en Église pour adorer Dieu n’est pas un élément facultatif de la vie chrétienne ni un regroupement formé sur une base libre et volontaire. Dieu nous convoque lui‑même pour nous unir à son peuple afin de l’adorer ensemble et de nous mettre ensemble à l’écoute de sa Parole. Nous avons donc une obligation de nous unir à l’Église.

« Servez l’Éternel avec joie, venez avec des acclamations en sa présence! Reconnaissez que l’Éternel est Dieu! […] Entrez dans ses portes avec reconnaissance, dans ses parvis avec la louange! Célébrez‑le, bénissez son nom! » (Ps 100.2‑4).

3. La joie de louer Dieu dans l’assemblée🔗

En même temps que l’obligation prescrite, on ressent une grande joie à vivre au milieu de l’assemblée des croyants et à louer le Seigneur pour son si grand salut. « Je publierai ton nom parmi mes frères, je te louerai au milieu de l’assemblée » (Ps 22.23). Les croyants devraient avoir le désir de louer Dieu au milieu de « l’assemblée des justes » (Ps 1.5). Ils devraient en garder de bons souvenirs lorsque leur âme est abattue.

« Voici pourtant ce dont je me souviens avec effusion de cœur : Je marchais avec la foule et m’avançais avec elle vers la maison de Dieu, au milieu des acclamations et de la reconnaissance d’une multitude en fête » (Ps 42.5‑6).

David pouvait dire :

« Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Éternel! » (Ps 122.1).
« Je célébrerai l’Éternel de tout mon cœur dans l’intimité des hommes droits et dans la communauté » (Ps 11.1).

Les chrétiens ne devraient jamais nourrir le désir de rester seuls ou de se retirer de l’assemblée des croyants. Ils devraient au contraire éprouver le désir de se rassembler en présence de leur Dieu et Sauveur afin de le louer et d’écouter sa Parole dans l’assemblée des saints.

Ruth la Moabite avait bien compris qu’on ne peut jamais séparer Dieu de son peuple. Lorsqu’elle a mis sa foi en Dieu, elle a voulu accompagner Noémi dans le pays d’Israël afin de vivre au milieu du peuple de Dieu. « Ton peuple est mon peuple et ton Dieu est mon Dieu » (Rt 1.16). Ce n’est pas dans le pays de Moab qu’elle pouvait rencontrer Dieu. Elle devait aller là où Dieu avait choisi de rencontrer son peuple.

Aujourd’hui, le culte d’adoration n’est plus centré à Jérusalem, mais Dieu promet encore de demeurer avec son Église, qui est le temple du Saint‑Esprit. Si Dieu est notre Dieu, nous devrions vouloir nous associer au peuple des rachetés afin de vivre pour Dieu et le servir dans son Église.

4. Se joindre à l’Église et y rester attaché🔗

Cette obligation de se joindre à l’Église et d’y rester fidèlement attaché se retrouve partout dans le Nouveau Testament. Avant de monter au ciel, Jésus a dit à ses apôtres :

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez‑les au nom du Père, du Fils et du Saint‑Esprit, et enseignez‑leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28.19‑20).

Nous portons donc la responsabilité de nous joindre à une Église fidèle à la Parole de Dieu, afin de recevoir l’enseignement du Seigneur et de participer aux sacrements qu’il a institués pour le bien et l’encouragement des membres de son Église.

Le livre des Actes nous dit que « le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Ac 2.47). On pouvait compter leur nombre (Ac 2.41; 4.4). Ensemble, « ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (Ac 2.42). Ensemble, ils louaient Dieu, mettaient en commun leurs biens et recevaient un bon témoignage de tout le peuple.

Les anciens doivent prendre soin du troupeau de Dieu (Ac 20.28), ce qui implique qu’ils connaissent les membres de ce troupeau et leurs besoins. Par ailleurs, les membres des Églises doivent bien recevoir l’enseignement de la Parole et se soumettre à la direction spirituelle de leurs dirigeants (Hé 13.17).

5. S’édifier ensemble et conserver l’unité dans la diversité🔗

Les apôtres ont écrit plusieurs lettres aux Églises afin que celles‑ci soient solidement édifiées sur ce fondement (Ép 2.20). On ne peut pas séparer le fondement (Jésus‑Christ) et la construction (l’Église), pas plus qu’on ne peut séparer la tête et le corps. Les membres du Christ ont l’obligation de se joindre au corps du Christ et de participer activement à la vie de ce corps en mettant leurs dons particuliers au service des autres (Rm 12.4‑5; 1 Co 12; 1 Pi 4.8‑11).

En même temps, nous en retirons tous de nombreux bienfaits. Les membres de notre corps, nos yeux, nos oreilles, nos mains, ne peuvent pas vivre sans être rattachés au corps. De même, en temps normal, les croyants ne peuvent pas vivre et se développer en dehors du corps, qui est l’Église. C’est en participant à la vie de ce corps que nous grandirons tous ensemble dans l’amour et la vérité (Ép 4.11‑16).

Dans ce contexte, Paul exhorte les chrétiens à vivre en harmonie dans l’Église. « Supportez‑vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Ép 4.2‑3). C’est l’obligation de tout croyant, « quels que soient sa condition ou son rang » (art. 28).

Le Seigneur rassemble dans son Église une grande diversité de gens. Cela peut causer des tensions, comme à Jérusalem, où des chrétiens de langue hébraïque et d’autres de langue grecque vivaient ensemble (Ac 6), ou à Corinthe, où des riches côtoyaient des pauvres, ainsi que des forts et des faibles. Même si cette diversité peut parfois nuire à la communion fraternelle, elle peut également l’enrichir.

Certains suivent un cheminement scolaire plus long que d’autres. Certains occupent des positions plus élevées, d’autres se trouvent de condition plus humble. Certains viennent de notre pays et de notre région, d’autres sont des immigrants. Ces différences ne doivent pas nous amener à nous éloigner de l’Église ni à développer une mentalité de sous‑groupes dans l’Église. Nous avons l’obligation de maintenir l’unité de l’Église.

Le Seigneur nous confie des responsabilités dans son alliance. Jésus‑Christ rassemble son Église, ce qui signifie que les croyants ont l’obligation d’honorer cette grande œuvre de Dieu en se joignant à l’Église et en y restant attachés. Ayant été lavés par le sang du Christ et sanctifiés par son Esprit, nous sommes appelés à aimer notre Sauveur et à l’honorer en nous efforçant de vivre à sa gloire dans son Église.