Cet article a pour sujet les raisons d'étudier une confession de foi et explique la nature et l'utilité d'une confession de foi. La foi dans nos coeurs s'exprime par notre bouche en harmonie avec la foi de l'Église.

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Pourquoi étudier une confession de foi?

  1. Qu’est‑ce que la foi?
  2. Confesser notre foi de notre bouche
  3. Confesser notre foi avec l’Église
  4. Qu’est‑ce donc qu’une confession de foi?
  5. Quelle est l’utilité d’une confession de foi?

Les diverses confessions de foi écrites durant les premiers siècles de l’ère chrétienne ainsi qu’à l’époque de la Réformation contiennent un même héritage précieux pour notre foi et notre vie aujourd’hui. Qu’est‑ce qu’une confession de foi? Quelle place une confession de foi occupe‑t‑elle? Quelle utilité possède‑t‑elle? Pourquoi étudier une confession de foi?

1. Qu’est‑ce que la foi?🔗

L’expression « confession de foi » contient deux mots importants : foi et confession. Qu’est‑ce que la foi? La foi, c’est d’abord une connaissance certaine par laquelle je tiens pour vrai tout ce que Dieu nous a révélé par sa Parole. C’est aussi une confiance du cœur que l’Esprit Saint produit en moi par l’Évangile et qui m’assure que Dieu m’accorde gratuitement le pardon des péchés et la vie éternelle en Jésus‑Christ. La foi est une connaissance certaine et une confiance du cœur.

Cette connaissance certaine est fondée sur la révélation de Dieu dans sa Parole. Sans l’écoute de la Parole de Dieu, il est impossible d’avoir la foi. « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole du Christ » (Rm 10.17). Le Saint‑Esprit produit en moi cette confiance du cœur, par laquelle il m’assure que les promesses de Dieu en Jésus‑Christ m’appartiennent véritablement. Sans l’action secrète du Saint‑Esprit dans nos cœurs, avoir la foi s’avère également impossible. « Car notre Évangile n’est pas venu jusqu’à vous en paroles seulement, mais aussi avec puissance, avec l’Esprit Saint et avec une pleine certitude » (1 Th 1.5).

La foi est donc une expérience très personnelle, qui stimule notre intelligence et qui embrase nos cœurs. Elle implique une connaissance de Dieu et une relation personnelle intime avec notre Créateur et Rédempteur.

« La foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hé 11.1).
« Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu » (Hé 11.7).
« Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta famille » (Ac 16.31).

2. Confesser notre foi de notre bouche🔗

Peut‑on avoir une foi muette? Non, c’est impossible! L’apôtre Paul a dit : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé! » (2 Co 4.13). Si nous avons la foi véritable, nous l’exprimerons en paroles. Nous confesserons notre foi. La Confession de foi de La Rochelle commence en disant : « Nous croyons et confessons… » La Confession de foi des Pays‑Bas commence de la même façon : « Nous croyons tous du cœur et confessons de la bouche… » La foi du cœur ne reste pas silencieuse, elle s’extériorise par sa confession.

« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car en croyant du cœur, on parvient à la justice, et en confessant de la bouche, on parvient au salut » (Rm 10.9‑10).

Le cœur et la bouche sont étroitement unis!

En grec, le mot confesser est « homologuéô » (dire une parole semblable), qui a donné en français les mots « homologue » et « homologuer ». Homologue signifie quelque chose de semblable (deux côtés homologues d’un triangle; le ministre des Affaires étrangères a rencontré son homologue américain). Homologuer signifie approuver, reconnaître, valider (homologuer un document, une décision). Nous croyons dans notre cœur et nous homologuons de notre bouche. Nos paroles correspondent à la foi qui habite nos cœurs. Nos paroles correspondent aussi à la Parole de Dieu que nous avons entendue. Quand nous confessons notre foi, nous répétons après Dieu ce qu’il nous a révélé. Nous approuvons et reprenons ses paroles.

3. Confesser notre foi avec l’Église🔗

Nous ne vivons pas notre foi de façon isolée. Le Seigneur nous a placés dans son Église pour que nous formions un même corps dont les membres sont unis dans une même foi.

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous » (Ép 4.4‑6).

Nous avons donc besoin d’une confession commune. Puisque nous avons une même foi qui habite dans nos cœurs, nous devrions confesser la même foi de nos bouches. Bien sûr, on peut formuler cette même foi de diverses façons, mais ces différentes formulations devraient toutes s’accorder en ce qui a trait au contenu. « Je crois et je confesse » devient « nous croyons et nous confessons ».

« Et comme nous avons le même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé! nous aussi nous croyons, et c’est aussi pourquoi nous parlons » (2 Co 4.13).

Quand nous parlons de notre foi, nous devrions tous tenir un même langage, employer des paroles qui s’harmonisent avec les paroles de nos frères et sœurs, et qui respectent fidèlement la Parole de Dieu.

« Puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus le Fils de Dieu, tenons fermement la confession de notre foi » (Hé 4.14).
« Confessons notre espérance sans fléchir, car celui qui a fait la promesse est fidèle » (Hé 10.23).

Cet appel est adressé à l’ensemble du corps du Christ. Une confession de foi sert à exprimer ce que l’Église croit. La Parole de Dieu nous aide dans ce sens, car elle contient de beaux résumés de la doctrine chrétienne qui nous servent de modèles (voir, par exemple, 1 Co 15.3‑6; Ph 2.6‑11; 1 Tm 3.16; 1 Pi 3.18,22). Elle contient également plusieurs exemples de croyants qui ont confessé joyeusement leur foi et leur espérance (Pierre : Mt 16.15‑16; Thomas : Jn 20.28; l’eunuque éthiopien : Ac 8.36‑38; Timothée : 1 Tm 6.12, etc.).

Le Seigneur nous appelle donc à croire et à parler, mais aussi à enseigner, à corriger, à défendre la vérité, à réfuter l’erreur, à éduquer nos enfants dans la foi, à expliquer notre foi aux autres, à répondre aux questions de ceux qui demandent raison de notre espérance. Bref, « l’Église du Dieu vivant est la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tm 3.15). Elle doit « combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 1.3). Elle est appelée à faire de toutes les nations des disciples et à leur enseigner à garder tout ce que le Seigneur Jésus‑Christ nous a prescrit (Mt 28.20). Une confession de foi devient alors un outil très utile qui aide l’Église à exercer sa responsabilité envers les membres du corps comme envers ceux qui se préparent à le devenir.

Mais avant tout, une confession de foi doit être belle. Son contenu doit refléter la gloire du Christ que nous confessons et la beauté de son œuvre de rédemption, qui est la source de notre vie et de notre espérance. Paul a encouragé Timothée en lui rappelant qu’il avait « prononcé cette belle confession en présence d’un grand nombre de témoins ». Il a suivi l’exemple de Jésus qui avait « rendu témoignage par sa belle confession devant Ponce Pilate » (1 Tm 6.12‑13).

La confession de la foi, qui peut également servir pour la liturgie durant le culte d’adoration, constitue une doxologie, une parole de louange qui doit servir à la gloire de Dieu. En effet, « il nous a prédestinés par Jésus‑Christ à être adoptés, selon le dessein bienveillant de sa volonté, pour célébrer la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien‑aimé » (Ép 1.5‑6). Toute notre vie, notamment la confession de son nom et de son œuvre, devrait lui rendre honneur et gloire!

4. Qu’est‑ce donc qu’une confession de foi?🔗

Nous pouvons résumer en disant que c’est :

  • Une réponse de l’Église à la Parole de Dieu.
  • Un résumé des doctrines de la Parole de Dieu crues par l’Église.
  • Un document ecclésiastique officiel qui appartient à toute l’Église.
  • Un héritage de nos pères dans la foi à transmettre à nos enfants.
  • Un témoignage au monde de la lumière de l’Évangile.
  • Une réponse à des hérésies et à de fausses doctrines.
  • Un document humain sujet à l’erreur et à la révision à la lumière de la Parole de Dieu.

5. Quelle est l’utilité d’une confession de foi?🔗

Pourquoi devrions‑nous connaître et étudier les confessions de foi que nos pères spirituels nous ont léguées en héritage? Leur utilité se révèle multiple :

  1. Publique : Un résumé de la position de l’Église en accord avec la Parole de Dieu; une réponse de l’Église aux promesses de l’alliance, par laquelle elle fait connaître son identité et permet à ses membres de déclarer publiquement leurs convictions communes.

  2. Systématique : Un effort de synthèse qui résume l’essentiel de la révélation biblique et qui nous aide à mieux assimiler nos convictions (pas d’opposition entre la foi et l’intelligence).

  3. Polémique : Un moyen de combattre l’hérésie et de discerner les enseignements contraires à la Parole, afin d’éviter de répéter les erreurs du passé et de dénoncer les mensonges du diable.

  4. Pédagogique : Un outil éprouvé qui permet d’instruire les nouveaux croyants, de préparer les enfants de l’alliance à professer leur foi et d’enseigner tous les membres de l’Église.

  5. Œcuménique : Une expression de ce qui constitue l’unité de l’Église afin d’être gardés dans la vraie foi et de rechercher cette unité avec d’autres croyants; une unité avec les croyants des générations passées et avec ceux qui veulent servir le Seigneur aujourd’hui et à l’avenir.

  6. Évangélique et apologétique : Un témoignage collectif de notre foi dans le monde; un moyen de faire connaître l’Évangile et de répondre à la calomnie et à l’opposition.

  7. Historique : Un témoignage vivant de la fidélité de Dieu dans l’histoire de son Église; la préservation de l’héritage de la foi à transmettre aux générations futures qui sont encouragées à suivre les mêmes traces.

  8. Juridique : Un moyen de protéger la prédication publique de l’Évangile et d’orienter le ministère de ceux qui exercent des fonctions officielles dans l’Église; une protection contre l’intrusion de faux enseignements.

  9. Doxologique ou liturgique : Un sacrifice de louange pour la gloire de Dieu; une belle confession qui reflète la vérité rayonnant du Seigneur (« orthodoxie » signifie droite louange).