Cet article sur la Confession des Pays-Bas (article 15) a pour sujet le péché originel transmis à l'humanité qui demeure une fontaine de péchés pour les croyants; ils sont pardonnés par la grâce de Dieu.

Source: La raison de notre espérance. 5 pages.

Les croyants et le péché originel

Le péché originel

« Nous croyons que, par la désobéissance d’Adam, le péché originel a été répandu sur tout le genre humain. Le péché originel est une corruption de la nature humaine tout entière et un mal héréditaire qui entache même les tout petits enfants dans le sein maternel. C’est une racine qui produit en l’homme toutes sortes de péchés. Il est tellement infâme et abominable devant Dieu qu’il suffit pour condamner le genre humain. Il n’est pas aboli ni déraciné, même par le baptême, car le péché jaillit continuellement avec force de sa mauvaise source. Toutefois, le péché originel n’est pas imputé aux enfants de Dieu pour leur condamnation, mais il leur est pardonné par la grâce et la miséricorde de Dieu. Ce n’est pas pour que les croyants s’endorment, mais pour que la conscience de cette corruption les amène souvent à gémir, alors qu’ils désirent ardemment être délivrés du corps de cette mort.

Nous rejetons donc l’erreur des pélagiens qui disent que ce péché n’est rien d’autre qu’une imitation. »

Confession de foi des Pays-Bas, article 15

  1. Une fontaine de péchés chez les croyants
  2. Pardonnés par sa grâce et sa miséricorde
  3. Combattons sans relâche en espérant la délivrance

Nous sommes étonnés de voir des chrétiens de bonne réputation et même des pasteurs renommés et de notoriété publique tomber bien bas dans le péché. Nous sommes souvent déçus de nous‑mêmes quand nous constatons tant de mauvaises pensées, paroles ou actions qui restent encore en nous et qui déplaisent au Seigneur. Ne soyons pas surpris du fait que nous sommes encore pécheurs. La corruption du péché originel existe toujours, même chez les meilleurs croyants.

1. Une fontaine de péchés chez les croyants🔗

Puisque nous sommes nés pécheurs et que nous déplaisons à Dieu depuis notre conception, comment pourrions‑nous échapper à cette corruption du péché originel qui s’est répandue sur toute la race humaine? Selon sa grâce insondable, Dieu a bien voulu nous donner son Fils unique afin de payer pour nos péchés et nous accorder son Saint‑Esprit afin de nous renouveler. Cependant, cette œuvre de renouvellement ne signifie pas que nous avons atteint la perfection, loin de là. Nous sommes encore corrompus et enclins à tout mal. Comme le rappelle notre Confession de foi des Pays‑Bas, le péché originel « n’est pas aboli ni déraciné, même par le baptême, car le péché jaillit continuellement avec force de sa mauvaise source » (art. 15).

Cet article ne nomme pas explicitement l’Église catholique romaine, mais c’est bien son enseignement qu’il vise. Le Concile de Trente avait décrété que le baptême détient le pouvoir de purifier l’enfant du péché originel. Après le baptême, Dieu n’aurait plus de raison de détester la personne baptisée. La personne aurait encore un désir qui contiendrait la possibilité de pécher, mais ce désir ne serait pas mal en soi. Le baptisé ne ferait que commettre des péchés actuels, il serait complètement nettoyé de la pollution du péché originel. Une telle façon de voir comporte de graves conséquences pratiques. Les baptisés catholiques romains ne se considèrent pas comme des gens corrompus. Ils s’imaginent pouvoir mener une bonne vie méritoire avec l’aide de la grâce.

Nous croyons au contraire que l’eau du baptême ne possède aucun pouvoir de nous purifier du péché originel. C’est seulement quand nous recevons la vérité de la promesse signifiée et attestée par le baptême que nous sommes sauvés. L’apôtre Paul dit ceci à propos des juifs qui avaient reçu le sacrement de la circoncision (l’équivalent du baptême dans l’Ancien Testament) :

« Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. […] Nous étions morts par nos fautes » (Ép 2.3,5).

La même désolante constatation vaut pour tout enfant ou adulte baptisé tant que la régénération n’a pas eu lieu.

Même après sa conversion, Paul a dit ceci à propos de lui‑même :

« Car je le sais : ce qui est bon n’habite pas en moi, c’est‑à‑dire dans ma chair. Car je suis à même de vouloir, mais non pas d’accomplir le bien. Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas » (Rm 7.18‑19).

Même une fois régénérés, nous confessons être encore de misérables pécheurs enclins à tout mal. On peut comprendre que des chrétiens commettent des péchés semblables à ceux du roi David ou de l’apôtre Pierre. Nous pouvons ressentir de la tristesse, du regret, de l’inquiétude, mais pas de surprise, car nos cœurs restent pécheurs. Ne soyons pas surpris du fait indéniable que nous et nos enfants commettions encore bien des péchés, « car le péché jaillit continuellement avec force de sa mauvaise source », qui demeure toujours en nous.

2. Pardonnés par sa grâce et sa miséricorde🔗

Nous ne devons cependant pas désespérer, car la grâce et la miséricorde de Dieu nous accordent son pardon.

« Toutefois, le péché originel n’est pas imputé aux enfants de Dieu pour leur condamnation, mais il leur est pardonné par la grâce et la miséricorde de Dieu » (art. 15).

Nous sommes pardonnés, non par l’eau du baptême, mais par la grâce de Dieu au moyen du sang de Jésus‑Christ, dont la promesse est signifiée et attestée par le baptême. Les enfants de Dieu gardent encore en eux toute leur vie cette racine du péché originel. Cependant, ce péché n’est pas imputé pour leur condamnation.

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus‑Christ. […] Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair » (Rm 8.1,4).

Quelle bonne nouvelle! Dieu a condamné tous nos péchés, incluant le péché originel hérité de nos premiers parents, dans la chair que notre Sauveur Jésus‑Christ a prise pour porter nos péchés. « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Co 5.21). Le Christ n’a jamais péché, mais il a été reconnu coupable d’avoir commis nos péchés. De même, nous n’avons jamais accompli d’acte entièrement juste, mais, une fois unis à Jésus‑Christ par la foi, Dieu nous reconnaît et nous déclare parfaitement justes. En nous‑mêmes, toujours pécheurs; en Jésus‑Christ, toujours pardonnés et toujours justes! Tout cela, uniquement « par la grâce et la miséricorde de Dieu »!

Nous aussi nous désirons faire le bien, mais nous n’avons pas la force de l’accomplir. Nous sommes pardonnés et renouvelés, mais pas encore parfaits. Le péché continue de jaillir de notre nature entièrement corrompue, comme de l’eau polluée qui sort d’une source contaminée. C’est pourquoi notre Seigneur nous a enseigné à prier « Pardonne‑nous nos offenses. [] Ne nous laisse pas entrer dans la tentation… » (Mt 5.12‑13).

Bien que régénérés par le Saint‑Esprit, notre faiblesse persiste au point où, laissés à nous‑mêmes, nous ne pourrions pas tenir un seul instant. « Nous bronchons tous de plusieurs manières » (Jc 3.2). Même les meilleurs chrétiens dans cette vie ont seulement un petit commencement d’obéissance. David a commis l’adultère et Pierre a renié Jésus. Eux aussi voulaient servir le Seigneur, mais n’ont pas réussi à s’en acquitter parfaitement. Ne pensons pas pouvoir agir mieux que les plus grands serviteurs de Dieu.

« Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous‑mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice » (1 Jn 1.8).

Nous devons donc faire très attention de ne pas porter de jugement trop sévère sur les autres. Mon frère n’est pas mieux que moi et je ne suis pas mieux que mon frère. Moi aussi, je peux tomber lamentablement dans le péché. Nous devons rester humbles par rapport à nos propres capacités. « Ainsi donc, que celui qui se pense debout prenne garde de tomber! » (1 Co 10.12). Nous dépendons tous entièrement de la grâce et de la miséricorde de Dieu!

3. Combattons sans relâche en espérant la délivrance🔗

Cela nous donnerait‑il le droit de continuer à pécher? Sûrement pas! Le pardon de Dieu ne doit pas nous rendre paresseux ou négligents. « Le pardon se trouve auprès de toi afin qu’on te craigne » (Ps 130.4). Le pardon engendre la crainte de Dieu! Nous ne savons pas pourquoi Dieu n’a pas enlevé en nous ce péché originel qui nous amène encore à vivre de manière corrompue. Cela n’est pas une raison de nous complaire dans le péché, en prétextant que Dieu nous pardonnera de toute façon.

« Que dirons‑nous donc? Demeurerions‑nous dans le péché, afin que la grâce abonde? Certes non! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions‑nous encore dans le péché? […] Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises » (Rm 6.1‑2,12).

Par la force du Saint‑Esprit, les chrétiens commencent réellement à obéir à tous les commandements de Dieu, ne serait‑ce que dans une petite mesure, mais ils doivent toujours combattre le péché et mettre à mort leur vieille nature.

« Car vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. […] Faites donc mourir votre nature terrestre : l’inconduite, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité, qui est une idolâtrie » (Col 3.1‑4).
« Rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection. […] Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang en combattant contre le péché » (Hé 12.1‑4).

Nous devons combattre le péché avec beaucoup de zèle, sans toutefois jamais nous illusionner en pensant que nous pourrions totalement l’éradiquer ou y échapper.

Le monde actuel et même le christianisme actuel ont souvent une opinion très positive de la nature humaine. Les chrétiens doivent garder à l’esprit la réalité de leur nature corrompue.

« Ce n’est pas pour que les croyants s’endorment, mais pour que la conscience de cette corruption les amène souvent à gémir, alors qu’ils désirent ardemment être délivrés du corps de cette mort » (art. 15).

Maintenant que nous avons goûté au pardon de Dieu, nous devrions « gémir » et soupirer après la délivrance. « Nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous‑mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » (Rm 8.23). Nous percevons bien que quelque chose ne va pas en nous. Nous voyons que nous sommes encore pécheurs par nature, ce qui nous amène à pécher en pensées, en paroles et en actes. « Nous rejetons donc l’erreur des pélagiens qui disent que ce péché n’est rien d’autre qu’une imitation » (art. 15). En d’autres mots, nous ne sommes pas pécheurs du fait que nous péchons, nous péchons du fait que nous sommes pécheurs!

Que nous puissions nous humilier devant Dieu à cause de nos péchés et chercher notre salut et notre vie, non pas en nous‑mêmes, mais en Jésus seul, notre Sauveur. Que nous puissions aspirer à être enfin délivrés des griffes du péché. Ce grand jour glorieux vient bientôt, quand nous parviendrons à la parfaite sainteté et que nous serons glorifiés à l’image de Jésus‑Christ. Avez‑vous hâte de voir ce grand jour?