Cet article sur la Confession des Pays-Bas (article 11) a pour sujet les bienfaits de la divinité du Saint-Esprit: la Bible, la vie nouvelle, l'habitation de Dieu dans nos coeurs, l'existence de l'Église, l'espérance de la résurrection, son adoration.

Source: La raison de notre espérance. 5 pages.

Les bienfaits de la divinité du Saint-Esprit

Le Saint-Esprit, vrai Dieu éternel

« Nous croyons et confessons aussi que le Saint‑Esprit procède éternellement du Père et du Fils. Il n’a été ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède seulement des deux. Dans l’ordre, il est la troisième personne de la Trinité, d’une même essence, d’une même majesté et d’une même gloire avec le Père et le Fils, vrai Dieu éternel, comme nous l’enseignent les Écritures saintes. »

Confession de foi des Pays-Bas, article 11

  1. Nous n’aurions pas de Bible
  2. Nous n’aurions ni la foi ni la vie nouvelle
  3. Dieu n’habiterait pas dans nos cœurs
  4. L’Église n’existerait pas
  5. Nous n’aurions pas l’espérance de la résurrection
  6. Rendons honneur au Saint‑Esprit

Avec l’article 11 de la Confession de foi des Pays‑Bas, nous croyons que le Saint‑Esprit est « d’une même essence, d’une même majesté et d’une même gloire avec le Père et le Fils, vrai Dieu éternel, comme nous l’enseignent les Écritures saintes ». Devons‑nous absolument confesser la divinité du Saint‑Esprit? Après tout, qu’est‑ce que cela changerait si l’on ne croyait pas que le Saint‑Esprit est vrai Dieu, mais seulement une force impersonnelle? Si le Saint‑Esprit n’était pas Dieu, nous serions les créatures les plus misérables de toutes.

1. Nous n’aurions pas de Bible🔗

L’apôtre Pierre, en parlant des prophéties bibliques, a dit : « C’est poussés par le Saint‑Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pi 1.21). « L’Esprit de Christ était en eux » (1 Pi 1.11). Jésus a promis à ses apôtres la direction de son Esprit Saint.

« Quand il sera venu, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car ses paroles ne viendront pas de lui‑même, mais il parlera de tout ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir » (Jn 16.13).

Le Saint‑Esprit a guidé les prophètes et les apôtres pour qu’ils mettent par écrit toute la Bible afin que nous connaissions la vérité au sujet des révélations divines. Si le Saint‑Esprit n’était pas Dieu, il n’aurait pas pu guider les prophètes et les apôtres dans toute la vérité de Dieu. Nous n’aurions aucune certitude que leurs écrits constituent la Parole infaillible de Dieu. Si l’Esprit n’était pas Dieu, la Bible serait un livre inutile et sans valeur. Mais puisque le Saint‑Esprit est vrai Dieu éternel, il nous a donné la Bible inspirée par lui pour que nous puissions connaître Dieu en vérité, son salut en Jésus‑Christ et sa volonté pour nos vies. C’est l’auteur divin de la Bible qui donne à ce livre sa valeur absolument unique et sa richesse insondable.

2. Nous n’aurions ni la foi ni la vie nouvelle🔗

Le sacrifice du Christ lui a permis d’acquérir le salut à des pécheurs élus depuis toute éternité. Cependant, ce salut, une fois acquis, devait nous être appliqué, tout comme un médicament que nous achetons à la pharmacie doit ensuite être ingéré pour produire son effet bénéfique. Bien que l’œuvre de Jésus‑Christ à la croix s’avérait nécessaire pour notre salut, elle resterait inutile si le Saint‑Esprit ne nous la communiquait pas. C’est l’œuvre du Saint‑Esprit dans nos cœurs qui nous communique ce salut et qui l’applique à nos vies.

« Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus‑Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6.11).
« L’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint‑Esprit qui nous a été donné » (Rm 5.5).

Le Saint‑Esprit détient une grande puissance pour produire un changement profond et radical chez des gens qui sont morts dans leurs péchés.

« Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions, et que vous observiez et pratiquiez mes ordonnances » (Éz 36.26‑27).
« Il nous a sauvés par le bain de la régénération et le renouveau du Saint‑Esprit » (Tt 3.5).

L’Esprit ne pourrait pas accomplir un tel miracle s’il n’était pas Dieu. Le Saint‑Esprit fait naître la foi dans nos cœurs par la prédication de l’Évangile et nous unit à Jésus‑Christ et à ses bienfaits. Il nous renouvelle et nous fortifie dans notre bataille contre le péché. Il nous réconforte et dirige nos regards vers les promesses du Seigneur Jésus lorsque nous doutons ou quand la tentation nous assaille. Nous devons prier comme l’apôtre Paul, afin « qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur » (Ép 3.16).

Depuis l’entrée du péché dans le monde, les hommes accomplissent les œuvres de la chair : « inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, magie, hostilités, discorde, jalousie, fureurs, rivalités, divisions, partis‑pris, envie, ivrognerie, orgies, et choses semblables » (Ga 5.19‑21). Lorsque le Saint‑Esprit vient habiter dans un pécheur pardonné et justifié par le Christ, il opère des changements radicaux et produit en lui le fruit de l’Esprit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5.22‑23).

Bien sûr, son œuvre dans la vie des pécheurs n’est pas encore complète ni parfaite. Même les meilleurs chrétiens démontrent une obéissance très partielle, mais le changement que l’Esprit opère déjà en eux est réel et radical. Nous avons la certitude qu’il demeurera toujours avec nous et qu’il n’abandonnera jamais son travail non terminé. Il continuera jusqu’à ce que nous soyons présentés sans tache devant Dieu et parmi l’assemblée des élus glorifiés. Si le Saint‑Esprit n’était pas Dieu, nous serions encore morts spirituellement et nous le resterions pour l’éternité.

3. Dieu n’habiterait pas dans nos cœurs🔗

L’Esprit qui est venu demeurer dans l’Église et dans le cœur des croyants le jour de la Pentecôte, c’est le vrai Dieu éternel, qui a toujours existé avec le Père et le Fils et qui vivra pour toujours. Dans l’Ancien Testament, Dieu habitait parmi son peuple dans le tabernacle, puis dans le temple. Maintenant, le Saint‑Esprit est venu habiter intimement dans nos cœurs.

« Ne savez‑vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous? » (1 Co 3.16).
« Ne savez‑vous pas ceci : votre corps est le temple du Saint‑Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu, et vous n’êtes pas à vous‑mêmes? » (1 Co 6.19).
« En lui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu en Esprit » (Ép 2.22).

Notez bien le parallèle très significatif entre « temple de Dieu » et « temple du Saint‑Esprit », entre « l’Esprit de Dieu qui habite en vous » et « une habitation de Dieu en Esprit ». L’Esprit de Dieu, c’est Dieu lui‑même! Quelle réalité extraordinaire! Le Saint‑Esprit, vrai Dieu éternel, a établi son domicile dans nos cœurs humains. Dieu se tient tout près de nous et même en nous! Par conséquent, quelle grande responsabilité nous portons! « Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Co 6.20).

4. L’Église n’existerait pas🔗

L’œuvre du Saint‑Esprit ne consiste pas seulement à donner la vie à des morts pour que des chrétiens existent sur la terre. Son œuvre consiste aussi à rassembler et à former son Église. Dans le Symbole de Nicée, nous confessons d’abord la divinité du Saint‑Esprit : « Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie. [] Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. » Tout de suite après, nous confessons que nous croyons en l’Église une, sainte, catholique et apostolique, car l’Église est l’œuvre de l’Esprit. L’article 11 de la Confession des Pays‑Bas se limite à parler de la personne du Saint‑Esprit. Plusieurs autres articles de cette même confession précisent davantage nos convictions à propos de ses œuvres (articles sur les Écritures, la justification, la sanctification, l’Église et les sacrements)1.

Le péché a eu pour conséquence non seulement de nous couper de Dieu, mais aussi de nous couper les uns des autres. Dès l’entrée du péché dans le monde, Adam s’est mis à faire porter la responsabilité de sa faute sur Ève (Gn 3.12). Caïn a détesté son frère Abel jusqu’à le tuer (Gn 4.8). L’homme, que Dieu avait créé pour vivre en harmonie avec son prochain, est devenu égoïste et violent. La méchanceté s’est rapidement répandue pour diviser les familles et les peuples de la terre.

Après la Pentecôte, quand l’Esprit a été déversé sur l’Église, nous voyons avec admiration se rassembler une communauté de croyants unis dans la foi, l’amour et l’entraide.

« Tous ceux qui avaient cru étaient ensemble et avaient tout en commun. Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun » (Ac 2.44‑45).

Le Saint‑Esprit a uni dans un même amour des pécheurs devenus croyants par son action puissante pour qu’ils forment un même corps où les membres prennent soin les uns des autres. En 1 Corinthiens 12, Paul nous décrit plus en détail ce miracle de l’Esprit qui distribue des dons variés à chacun des membres pour l’utilité et la croissance de tout le corps.

« Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de services, mais le même Seigneur; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune » (1 Co 12.4‑7).

Si l’Esprit n’était pas Dieu, il ne pourrait pas accomplir un tel miracle. L’Église n’existerait pas sur la terre.

« Car c’est dans un seul Esprit que nous tous, pour former un seul corps, avons été baptisés, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. Ainsi, le corps n’est pas formé d’un seul membre, mais de plusieurs » (1 Co 12.13‑14).

5. Nous n’aurions pas l’espérance de la résurrection🔗

Le Saint‑Esprit promet d’agir dans nos vies jusqu’au jour de notre glorification, où il redonnera vie à tous les défunts chrétiens, comme il a redonné vie au Christ dans la gloire le jour de Pâques.

« Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ‑Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8.11).

Si le Saint‑Esprit n’était pas Dieu, nous n’aurions pas l’espérance de la résurrection de nos corps, car c’est le Saint‑Esprit de Dieu qui accomplira cette œuvre glorieuse. Dieu seul détient le pouvoir nécessaire pour accomplir cette œuvre prodigieuse qui fait l’objet de notre espérance vivante et bienheureuse.

6. Rendons honneur au Saint‑Esprit🔗

Nous voyons donc que croire à la divinité du Saint‑Esprit s’avère essentiel, non seulement pour rendre gloire à Dieu, mais aussi pour que nous puissions reconnaître tous les bienfaits qu’il nous procure. Puisque le Saint‑Esprit est vrai Dieu éternel et l’une des trois personnes de la Trinité, ce n’est pas une force que nous pourrions manipuler ou avec laquelle nous pourrions jouer.

On traite si souvent aujourd’hui le Saint‑Esprit comme une force que nous pourrions manipuler à notre guise, au gré de nos désirs et fantaisies. Nous devrions plutôt nous montrer révérencieux envers Dieu le Saint‑Esprit. Il est une personne divine avec qui nous avons une relation vivante. Il mérite le même honneur, la même révérence et la même adoration que le Père et le Fils. À Dieu seul, Père, Fils et Saint‑Esprit, toute la gloire, maintenant et dans tous les siècles à venir!

Note

1. L’article 11 de la Confession de foi des Pays-Bas sur le Saint‑Esprit est très court, tout comme la question et réponse 53 du Catéchisme de Heidelberg et d’autres textes confessionnels du 16e siècle sur le Saint‑Esprit. Est-ce à dire que la Réformation aurait négligé l’importance de la personne et de l’œuvre de l’Esprit Saint? En réalité, à la suite des Écritures, ces documents confessionnels, à travers leurs différents articles, présentent un éloquent témoignage sur la personne et l’œuvre du Saint‑Esprit, d’une grande précision théologique et d’une richesse spirituelle incomparable. Voir mon article La personne et l’œuvre du SaintEsprit d’après les confessions de foi réformées.