Cette prédication sur Luc 2.18-20 a pour sujet les réactions qui ont suivi la naissance de Jésus: l'étonnement des gens, la méditation de Marie et l'adoration par les bergers.

Source: La Parole faite chair - Prédications sur la naissance du Christ. 7 pages.

Luc 2 - Comment a-t-on réagi au premier Noël?

« En ces jours-là parut un décret de César Auguste, en vue du recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit : Soyez sans crainte, car je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et ceci sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, qui louait Dieu et disait : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! Lorsque les anges se furent éloignés d’eux vers le ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph, et le nouveau-né dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie conservait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur. Et les bergers s’en retournèrent en glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, conformément à ce qui leur avait été dit. »

Luc 2.1-20

Bien-aimés en Jésus-Christ,

Noël nous rappelle de beaux souvenirs. Noël provoque des émotions. Noël nous met dans une atmosphère spéciale. Souvenirs, émotions, atmosphère sont de bonnes choses en elles-mêmes. Il est bon de goûter à la joie de la période de Noël en famille, entre amis, en Église. Le drame, aujourd’hui, c’est que l’atmosphère de la période de Noël est devenue complètement déconnectée de la foi. Les émotions sont totalement coupées des faits historiques qui fondent notre foi. Depuis longtemps, Noël est devenu une fête romantique, déconnectée de sa source, et maintenant, coupées de la source, les émotions finissent par s’épuiser. La romance de Noël disparaît de plus en plus de notre paysage culturel. Nous ne pouvons pas toujours entretenir artificiellement nos sentiments si nous n’avons pas la foi, et nous ne pouvons pas avoir la foi si nous ne revenons pas aux faits historiques. L’ordre est très important : les faits, la foi, les sentiments.

Dans notre texte, plusieurs personnes ont vécu des émotions intenses. Elles ont réagi au premier Noël de diverses façons. Ces émotions et ces réactions étaient toutes basées sur des faits et ces faits nous appellent toujours à la foi. Sans les faits et sans la foi, les sentiments de Noël s’envolent en fumée et finissent par disparaître. Les versets 18 à 20 nous décrivent trois réactions très intéressantes — l’étonnement, la méditation, l’adoration —, trois réactions fondées sur les événements qui ont précédé au chapitre 1 et surtout au chapitre 2. Examinons tour à tour ces trois réactions :

1. L’étonnement🔗

« Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers » (Lc 2.18). Les gens étaient émerveillés, étonnés. Ils étaient impressionnés d’entendre tout ce que les bergers leur racontaient. « Un ange du Seigneur nous est apparu. La gloire du Seigneur a resplendi autour de nous. Nous avons été saisis d’une grande crainte. L’ange nous a annoncé la bonne nouvelle d’une grande joie pour tout le peuple. » « Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2.11). Voilà ce que les bergers leur racontaient. « Ensuite, nous avons vu une multitude d’anges qui louaient Dieu et lui rendaient gloire. Et puis, nous sommes allés à Bethléem et là nous avons vu Marie, Joseph et le nouveau-né dans la crèche, exactement comme l’ange nous l’avait annoncé : le Sauveur dans son humiliation. » Tous les gens qui entendaient les bergers leur raconter cette histoire étaient étonnés.

L’étonnement est une réaction fréquente dans la Bible. Quand Dieu se révèle, quand Jésus fait des miracles, les gens sont étonnés, stupéfaits. Ils sont impressionnés de voir ces grandes choses. L’étonnement est une bonne réaction qui rend gloire à Dieu. Luc nous rapporte l’étonnement de ces gens pour nous montrer la grandeur de ce qui venait d’arriver. « Je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2.10-11). Sommes-nous encore étonnés par la bonne nouvelle du premier Noël? La naissance du Sauveur, le Christ, le Seigneur, est un événement surprenant, vraiment étonnant! « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! » (Lc 2.14). Un Sauveur qui naît dans la plus grande humilité, dans une mangeoire d’animaux, oui, c’est stupéfiant!

Toutefois, l’étonnement peut rester superficiel. L’étonnement peut même embrouiller les choses et nous empêcher de voir clairement. Les détails importants peuvent nous échapper et nous pouvons même passer complètement à côté du vrai message. Tous ces gens qui ont été étonnés lors du premier Noël, que leur est-il arrivé par la suite? Ont-ils cherché à mieux comprendre? Nous ne le savons pas. Aujourd’hui encore, des gens sont émerveillés par Noël — même s’ils sont de moins en moins nombreux. Ce petit Enfant dans la crèche, c’est beau, c’est touchant, mais qu’est-ce que cela signifie au juste pour eux, qu’est-ce que cela change dans leur vie? Souvent, pas grand-chose. Il faut aller au-delà de l’étonnement. Notre texte nous amène à faire un pas de plus en nous présentant une deuxième réaction.

2. La méditation🔗

Cette deuxième réaction est la méditation. « Marie conservait toutes ces choses et les repassait dans son cœur » (Lc 2.19). Sa réaction a été très différente du simple étonnement : une réaction plus profonde, intérieure, dans sa mémoire, dans ses pensées, dans son cœur. « Marie conservait toutes ces choses. » Quelles choses? Tout ce qu’elle avait vu et entendu depuis près d’un an.

D’abord l’ange Gabriel qui était venu lui annoncer qu’elle deviendrait enceinte, qu’elle enfanterait un fils et qu’elle l’appellerait du nom de Jésus :

« Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1.32).

Ensuite a suivi la grossesse, puis Joseph qui voulait rompre les fiançailles. Quelle épreuve pour une fiancée! Puis un ange est allé rassurer Joseph. Ensuite, sa visite à sa cousine Élisabeth, le décret de César Auguste, le recensement, le voyage à Bethléem, l’impossibilité de trouver une place pour accoucher à Bethléem, une mangeoire d’animaux pour déposer le nouveau-né. Pas facile, tout cela! L’ange lui avait dit que son fils occuperait le trône de David et que son règne durerait pour toujours, et voilà que son enfant naissait dans la plus grande humiliation. Qu’est-ce que tout cela signifiait? Marie a sûrement été éprouvée par tous ces événements et elle s’est sans doute questionnée.

Puis des bergers sont venus lui raconter qu’un ange leur était apparu et leur avait dit :

« Soyez sans crainte, car je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2.10-11).

En plus, cette bonne nouvelle avait été accompagnée d’un signe. De quel signe s’agissait-il? D’un orchestre symphonique venu acclamer l’arrivée du grand Roi? Non. D’une suite royale digne du plus grand Monarque? Pas du tout. « Et ceci sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche » (Lc 2.12). C’était là le signe, et c’est exactement ce que les bergers ont trouvé. Ils ont vu le fils de David, le Christ, le Sauveur, le Seigneur dans la plus grande humiliation. Les bergers ont tout raconté à Marie. Elle a sûrement été réconfortée par leur témoignage. Tout ce que l’ange Gabriel lui avait dit était confirmé.

« Marie conservait toutes ces choses. » Le mot « conserver » signifie « garder précieusement », « protéger comme un trésor ». Marie n’était pas seulement étonnée ou impressionnée, elle était activement occupée à garder toutes ces paroles et toutes ces choses bien à l’abri en dedans d’elle-même. Elle se concentrait sur tout ce qu’elle avait vu et entendu afin de garder tout cela précieusement dans sa mémoire. La méditation est une activité consciente et volontaire. Ces choses étaient tellement importantes. Il ne fallait pas qu’elle oublie un seul détail. Elle enregistrait toutes ces informations dans sa mémoire. Elle les conservait précieusement.

Mais ce n’était pas tout : elle « les repassait dans son cœur ». Le mot « repasser » signifie « mettre ensemble » ou « rencontrer ensemble ». Ce mot est parfois utilisé pour parler d’une conversation. Il peut s’agir de deux personnes qui se rencontrent et qui ont une conversation ensemble, ou encore d’une seule personne en conversation avec elle-même. La réflexion est profonde. Les pensées sont tournées et retournées dans l’esprit. Les choses sont mises ensemble pour tenter de comprendre. L’on cherche à imbriquer tous les morceaux du casse-tête. Marie repassait toutes les choses qu’elle avait vues et entendues dans son cœur. Elle ne faisait pas que conserver ou mémoriser bêtement des informations, comme on met des informations sur une clé USB ou dans un disque dur. Elle s’efforçait de traiter ces informations. Elle réfléchissait, elle méditait, elle mettait tout ensemble, elle essayait de faire des liens pour comprendre.

L’ange lui avait dit :

« Tu deviendras enceinte, tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1.31-33).

Mais comment serait-ce possible? Elle n’avait pas de relations avec un homme. Ah, mais c’est vrai, l’ange lui avait aussi dit : « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. […] Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1.35-37). C’était un miracle! Oui, mais si l’enfant qu’elle avait mis au monde était vraiment le Messie, le grand Roi tant attendu, comment se faisait-il qu’elle ait été obligée d’accoucher dans des conditions aussi humiliantes? Ah, c’est vrai, les bergers étaient venus le confirmer. Cette humiliation était un signe pour reconnaître que c’était bien lui, le Sauveur, le Messie, le Seigneur. « Ceci sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche » (Lc 2.12). Malgré toute cette humiliation, cette naissance était tellement glorieuse. Même les anges au ciel avaient loué Dieu : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée » (Lc 2.14).

Marie essayait de comprendre. Elle faisait des liens. Elle pensait aux prophètes de l’Ancien Testament, à l’accomplissement de leurs prophéties. Elle réfléchissait à la promesse faite à David, à son accomplissement dans la ville de David. Son fils était le Sauveur, le Christ, le Messie, l’oint de l’Éternel, le Seigneur. Cette naissance serait sûrement importante pour tous les siècles à venir; c’était une joie pour tout le peuple. Tout ce que Marie conservait précieusement dans son cœur tournait autour de cet enfant. Tout son effort mental pour essayer de comprendre la signification de la naissance de son fils tournait autour de la personne et de l’œuvre de Jésus-Christ. Elle conservait, elle gardait précieusement, elle méditait, elle réfléchissait intensément.

Avouons que pour nous, à notre époque, la méditation, la véritable méditation des vérités bibliques, n’est pas une activité que nous pratiquons facilement — en particulier durant la période de Noël! Nous sommes occupés à toutes sortes d’activités : les achats, les cadeaux, les repas, les préparatifs, les réceptions, les sorties, les festivités. Toutes sortes de choses occupent nos pensées, remplissent nos journées, épuisent nos énergies. Avons-nous encore le temps de conserver à l’intérieur de nous-mêmes la Parole de Dieu? Avons-nous la concentration d’esprit pour repasser dans nos cœurs toutes ces choses, pour conserver, garder précieusement, méditer, mettre ensemble, réfléchir, comprendre tout ce qui concerne la personne et l’œuvre de Jésus-Christ?

Et puis, qu’en est-il le reste de l’année? Le travail, les études, la famille, les loisirs, les courriels, Facebook, les textos, les jeux d’ordinateurs, les divertissements, le bruit, les distractions. Arrêtez! Arrêtons! Débranchons de temps à autre! Prenons du temps pour garder précieusement toutes ces choses qui nous sont racontées dans la Parole de Dieu. Prenons du temps pour méditer cette Parole, la comprendre, mettre toutes ces choses ensemble, faire des liens. Conservons-nous dans nos mémoires les prédications que nous entendons? Nous efforçons-nous d’en comprendre la signification? La prédication de la Parole de Dieu portera des fruits dans nos vies dans la mesure où nous nous exercerons à méditer cette Parole de façon consciente et volontaire. Sinon, il est très probable que la Parole de Dieu portera peu de fruit dans nos vies.

Dans le cas de Marie, ses méditations ont porté du fruit. Le Saint-Esprit s’en est servi pour faire son œuvre, petit à petit, à travers un long processus. Elle a dû apprendre à laisser son Fils diriger lui-même son ministère. Elle a dû apprendre à se soumettre à lui, son Seigneur. Elle a eu besoin de voir et d’entendre tous les autres événements du ministère public de Jésus : ses guérisons, ses enseignements, ses souffrances, sa mort, sa résurrection, sa montée au ciel. Il y a eu tant d’autres choses à conserver précieusement, à méditer intensément, à garder en mémoire, à mettre ensemble, à comprendre.

Ce long processus a finalement porté beaucoup de fruit, grâce au Saint-Esprit. Marie était là le jour de la Pentecôte. Elle persévérait dans la prière avec les autres disciples. Elle faisait partie des croyants et des adorateurs. Ses méditations ont porté du fruit. Elles ont même aidé Luc à écrire son Évangile. Luc a fait des recherches exactes pour savoir tout ce qui s’était passé depuis le début et pour en comprendre lui-même la signification; il a sûrement consulté Marie. Tout ce que Marie a conservé et repassé dans le secret de son cœur a fini par être publié au grand jour dans les Évangiles, pour qu’à notre tour nous puissions garder et méditer toutes ces choses, pour que naisse notre foi, pour que notre foi grandisse et s’affermisse.

Toutefois, le récit de la nativité ne serait pas complet sans la troisième réaction.

3. L’adoration🔗

Cette troisième réaction, c’est l’adoration. « Et les bergers s’en retournèrent en glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, conformément à ce qui leur avait été dit » (Lc 2.20). L’étonnement est une belle chose… passagère. La méditation est une chose excellente, plus profonde, qui produit des fruits durables. Cependant, la naissance de Jésus devait être célébrée avec gloire dès le début. Dieu ne voulait pas attendre que Marie soit finalement prête à l’adorer. Dieu s’est servi des bergers pour glorifier son nom dès la venue de son Fils dans le monde. « Les bergers s’en retournèrent en glorifiant et louant Dieu. »

« Glorifier » et « louer » sont deux mots à peu près synonymes qui signifient « élever le nom de Dieu », « dire de grandes choses à son sujet ». Les bergers étaient remplis de bonheur, d’enthousiasme et d’exubérance. Ils ne pouvaient cesser de parler de tout ce qu’ils avaient vu et entendu. Quelle belle réaction à ce premier Noël! Ils glorifiaient et louaient Dieu « pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, conformément à ce qui leur avait été dit ». Évidemment, ce ne sont pas les bergers qui ont rendu Dieu grand ou qui l’ont fait grandir. Dieu est grand. Les faits l’ont démontré. Les bergers ont d’abord entendu les anges de leurs propres oreilles. Leurs yeux ont ensuite vu le nouveau-né. Ils n’ont pas été offusqués par son humiliation; l’ange leur avait déjà dit ce qui arriverait. Maintenant, leurs bouches étaient d’accord pour le dire. Dieu avait montré sa grandeur par la venue du Sauveur et les bergers ont reconnu cette grandeur en le glorifiant avec joie et reconnaissance.

Les bergers n’ont pas été les premiers à s’exclamer dans l’adoration. Les anges avaient déjà donné l’exemple. Les bergers avaient déjà entendu la multitude des anges : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée » (Lc 2.14). Les premiers à louer Dieu pour la naissance du Sauveur n’ont pas été les bergers, mais les anges célestes, purs, parfaits, sans péché, sans défaut. Ces anges n’avaient pas besoin d’un Sauveur. Alors, pourquoi louer Dieu pour ce Sauveur? Parce que Dieu était digne d’être loué par toutes ses créatures et parce que les hommes ont été poussés à saisir la grandeur de l’événement en entendant les anges glorifier Dieu.

Oui, Dieu est content d’être loué et glorifié par ses anges, mais Dieu n’est pas satisfait tant que des hommes pécheurs sur terre ne font pas la même chose. Dieu s’est servi de simples bergers, ordinaires, pécheurs, pour le louer et le glorifier. Pourquoi? Parce que c’est pour des hommes comme eux que Jésus-Christ, le Sauveur, le Seigneur, est venu. Les bergers avaient entendu les anges, ils avaient vu le nouveau-né et maintenant ils s’en retournaient. Le travail continuait; ils devaient retourner s’occuper de leurs troupeaux. Cependant, ils s’en retournaient différents, transformés. Ils glorifiaient Dieu, ils louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu.

Ils n’avaient pourtant pas encore vu ni entendu tout le reste de l’histoire que nous connaissons. Les œuvres de Jésus, sa mort, sa résurrection, sa montée au ciel, tout cela était encore à venir — des choses que nous avons et qu’eux n’avaient pas encore. Les bergers sont en quelque sorte des témoins qui nous accusent, nous qui sommes si lents à louer Dieu et à le glorifier. Nous avons beaucoup plus de richesse qu’eux, et pourtant, nous sommes si peu portés à l’adoration. Nous devrions au contraire louer Dieu encore bien plus qu’eux.

Oui, les faits sont essentiels. Ce qui a été entendu, ce qui a été vu, ce qui s’est produit à Bethléem lors du premier Noël, voilà ce que l’Église doit proclamer au monde. Elle doit proclamer tout le reste des événements, jusqu’à Golgotha et jusqu’à la résurrection, et sa montée au ciel, et son règne dans la gloire. Les faits sont le fondement de la foi, et la foi produit des réactions et des émotions : l’étonnement, la méditation, l’adoration. Gardons ce sens de l’étonnement, mais allons un peu plus loin. Ne restons pas superficiels. Prenons le temps de méditer intensément. Cependant, ne restons pas la bouche fermée : glorifions Dieu et louons-le joyeusement!

Je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie. « Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. […] Paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée. » Amen.